Bref, je suis allée à la poste

J’aime les surprises.

Les Kinder-surprises, les pochettes-surprises, les cadeaux d’anniversaire, les cadeaux de non-anniversaire, les ingrédients secrets dans les cakes (« C’est du parmesan? – Non! – Du gingembre? – Non! – De l’aneth? – Non, tu brûles… – OH PUTAIN C’EST DE L’ORTIE! Trop ouf. »), bref, je suis bon public pour les trucs-qu’on-me-donne-sans-qu’on-me dise-ce-que-c’est.

Et une surprise facile à se faire, c’est de commander un truc sur internet. Aaaah, attention! Pas sur un site classique et efficace de vente de livres, DVDs et CDs ou de crème hydratante, parfum ou bain moussant verveine-citron. Non. Un site artisanal qui t’envoie ton colis TROIS mois après, comme ça tu as complètement oublié que tu avais commandé. Ce qui fait que, découvrant un avis de passage du facteur dans ta boîte aux lettres, tu as ce petit coup d’adrénaline… serait-ce un admirateur secret, m’offrant une parure Darjelanza? ma grand-tante, voulant me régaler de trois pots de confiture maison? moi, qui, bourrée après une soirée où il y avait peu de godelureau à se mettre sous la dent, aurait finalement, sous l’effet de l’alcool et de la frustration, craqué et acheté le dernier rabbit éco-responsable à panneaux solaires?

Ce n’est donc pas sans une certaine allégresse que je me dirigeai vers le bureau de poste de mon quartier.

Mes sautillements d’allégresse s’arrêtèrent à la porte, entre le ficus et le spathiphyllum.

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(Je suppose que vous connaissiez la physionomie d’un ficus, ceci est donc un spécimen de spathiphyllum.)

Mon bureau de poste a le don de me plonger dans un état de perplexité à chaque fois que je franchis son seuil. Pas parce qu’il s’est doté depuis un certain temps de divers produits dérivés qui ne me semblent pas correspondre à l’esprit de l’institution (oui, bon, ok, j’ai compris que le temps des P.T.T. était révolu et qu’on était entrés dans l’ère de Global Poste Company Incorporated), mais parce que ses usagers font la queue à bien DEUX METRES CINQUANTE de la personne qui est en train de passer.

Et pourquoi?

Parce que, par terre, court un cache de fil électriques qui traverse la pièce en diagonale, et que, sûrement par réflexe pavlovien, ils le prennent pour une ligne-à-ne-pas-dépasser.

C’est pas clair?

Bon, ok, je vous ai fait un croquis.

Vous voyez la ligne transversale?

C’est un sale cache fil en plastique moche.

Eh ben les gens de mon quartier, ils prennent ça pour ça:

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(Bon, les tongs, c’est une option seulement, on peut tout aussi bien attendre sagement en Louboutins, hein, chacun son style.)

Donc voilà, dans mon quartier, les gens sont tellement disciplinés qu’il vont au-delà d’attendre derrière la ligne rouge, telles les masses immigrantes à JFK avant qu’on leur demande pourquoi ils sont là, jusqu’à quand, qu’on leur relève leurs empreintes, qu’on les prenne en photo et qu’on les fasse reniffler par un pitbull – nan. J’ai trouvé plus fort : mes co-quartenaires sont tellement maladivement disciplinés qu’ils lisent une règle de conduite dans une ligne de mastic tout aussi tranversale qu’arbitraire.

Au début, je me suis dit qu’il devait y avoir une institution spécialisée dans les TOCS, TICS et autres troubles compulsifs dans le coin. Ou un orphelinat suisse-allemand.

Cela dit, ça ne m’énerve pas plus que ça, parce que, dans leur absolu respect des conventions, mes voisins-dans-un-rayon-plusieurs-rues forment une file unique, même s’il y a deux guichets. Ce qui fait que je choisis TOUJOURS la bonne fille. C’est pas comme chez Monop, par exemple, ou, moi et mon pot de 1kg de fromage blanc, on louche sur l’autre file, on hésite, et on craque, juste avant de se rendre compte que le trentenaire au bouc innocent derrière lequel on s’est désormais parqués cachait en lui un père de famille prévoyant et, dans son caddy urbain orange-rave-party, de quoi tenir le siège de Francfort de 876.

Au lieu de me maudire pour mes mauvais instincts queutiers, donc, je tue le temps en essayant de deviner quel guichet va se libérer en premier.

Voici la configuration du jour.

logo

(PS: cette image n’a rien à voir, mais elle m’a traversé l’esprit.)

Au guichet, donc, deux femmes d’un certain âge. Appelons celle de gauche « Femme-d’un-certain-âge numéro un », et celle de droite, euh… je sais pas… disons, « Femme-d’un-certain-âge numéro deux », tiens, ça sonne bien. Avec moi dans la file unique derrière la ligne de mastic, une jeune fille en converses.

Ca a plutôt l’air bien parti à gauche, vu que Femme-d’un-certain-âge numéro un envoie un colis. Cependant, le paquet en question est cubique et de taille modeste, ce qui remplit la postière d’angoisse parce que

Y a pas assez de place pour coller l’étiquette.

Elle essaie sur un côté. Elle essaie sur un autre. Manifestement, le concept du cube lui donne quelques difficultés. Je me retiens de hurler DIAGONALE, parce que parfois, les gens n’aiment pas qu’on les assiste. Donc je souffle, je me dis que c’est un bel exercice de contrôle de soi. Je tente un oooooooooommmmm discret pour voir si mes chakras vibrent.

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Cela dit, la fleur de lotus qui est en moi est mise à mal par les manipulations frénétiques de l’employée, combinées aux doutes grandissants de la cliente sur la nécessité ou non d’un envoi en recommandé.

Je décide donc de détourner mon regard et de m’intéresser au guichet de droite où Femme-d’un-certain-âge numéro deux papote avec la postière.

Or, avec ces histoires de cubes et d’étiquettes, ont eu le temps d’arriver derrière moi cinq autres personnes, qui, à cause du cordon de sécurité imaginaire en mastic, sont obligées de se presser entre moi, la table présentoir à brochures sur les crédits à 4%, le store plein de poussière, le spathiphyllum et la porte, au risque de tomber dans le ficus (vous suivez?).

Je me retourne pour lancer un regard d’empathie à mes camarades de misère. Il y en a un qui me sourit avec un air désespéré et complice, comme pour me dire, « à trois, fais diversion pendant que je les assomme avec le ficus ». Les autres ont opté soit pour l’auto-hypnose assistée par iPhone, soit pour la contemplation des tarifs des envois d’une lettre de plus de 20 grammes en zone monde.

« Ah oui ! Ca faisait longtemps qu’on vous avait pas vu, Madame Schtroumphberger !

(Et moi je pense: « Schtroumphberger… Schtroumphberger… pourquoi ce nom m’évoque-t-il un truc bleu avec un bonnet, un bâton et un gilet en peau de mouton? » Puis je me replonge dans les possibilités d’emprunt à taux réduit pour les propriétaires d’un meublé de moins de 45m2.)

– C’est vrai ! Mais là j’avais de quoi vous faire travailler : je viens de recevoir les pétitions contre la torture et la circoncision !

– Ah, ben ça fait plaisir !…euh, pas la circoncision, hein: de vous revoir, je veux dire ! »

Et là elle achète des timbres.

Bon, vu votre manque de réactions, je ne crois pas que vous saisissiez la portée de cette affirmation et toute sa résonnace apocalyptique, voire a-poste-calyptique.

Humour_mouth

Car Mme Schtroumpberger renvoie toutes les pétitions d’Amnesty International aux premiers ministres de Turquie, d’Israel, des Pays-Bas, d’Allemagne, de Russie, j’en passe et des pas reconnus par l’ONU. C’est pas comme si elle pouvait juste acheter un carnet, et hue, Jacqueline. Nan : cela nécessite l’achat d’un timbre par lettre OU carte postale, et chacun se trouve dans une pochette en plastique différente du classeur de la postière.

Et cette perverse de guichetière encourage la retraitée férue de démocratie planétaire dans son vice.

« Vous voulez la Marianne ou je vous mets un timbre G20 ?

–       Oh… je ne sais pas… Vous croyez qu’il vaut mieux quoi quand on écrit à un ministre  ouzbek ?

–       Mhmmm… Peut-être que la Marianne, ça fait plus formel.

–    Oui… euh… Je ne sais pas s’il saisira… Vous n’avez pas des timbres avec des chatons ?

Wonder blémit et commence un ulcère.

–       Non, mais j’ai des timbres avec des azalées.

Wonder fait le cheval avec sa bouche.

–       Ah oui ! La dernière fois j’avais pris une série avec des primevères ! Mettez-m’en deux plaques de dix !

–       Voilà, Madame, ça fera…

–       Oh la, vous allez me vider ma tirelire, n’est-ce pas ?

Si tu veux Wonder te vide les entrailles, avec les dents.

–       Surtout que là, je ne sais pas si j’ai assez de monnaie.

–       Vous pouvez payer en carte bleue, madame.

–       Ah mais je ne l’ai pas sur moi.

–       C’est 27 euros 37 centimes.

–     Ah bah, c’est cher, mais ça le vaut bien. Avant, la justice marchait mieux: il y avait le bagne pour les gens de cette espèce. Maintenant, ils font ce qu’ils veulent.

****

Le bagne,

solution numéro 1 aux violations contre les droits de l’homme, approuvée par 75% des militants d’Amnesty International de mon quartier.

***

Et là, Schtroumpf-bergère entreprend de payer en pièces de 50, 20, 10, 5, 2 centimes d’euro.

Pendant ce temps, le guichet qu’occupait Femme-d’un-certain-âge numéro un se libère après moult contorsions et l’envoi final du paquet. C’est donc mon tour.

Je fais un pas vers la postière, le sourire béat de la cliente patiente enfin récompensée pour son zen impérial aux lèvres, et je manque de m’écraser sur le guichet tant mes jambes sont enkilosées par l’attente. Mme Schtroumpberger, qui entre temps a fini d’aligner ses pièces, remarque mon oscillation, et en profite pour glisser à la postière,

« Ben dites-moi, il y en a qui commencent le Picon tôt! » Puis elle salue l’assistance et quitte le bureau avec ses munitions anti-violation des droits de l’homme, avant même que j’aie le temps de lui faire avaler ses espadrilles.

Je me reprends.

« Voilà! » – dis-je guillerette en déposant fièrement mon avis de passage sur le guichet.

« Un moment je vous prie. » La postière disparaît dans l’arrière-boutique.

Ou pas.

Je la vois soudain froncer les sourcils et tourner les talons.

« – On l’a pas.

– Comment ça vous l’avez pas?

(Mais où est donc alors mon rabbit à panneaux solaires, Madame??)

– On l’a déposé chez vos voisins en votre absence.

– Mes voisins? Quels voisins?

– Vous n’avez pas vu, là? C’est écrit en toutes lettres : déposé chez M. et Mme Schtroumfberger. Ce sont vos voisins qui ont gentiment gardé votre paquet pour vous ! Vous en avez de la chance! »

screaming-woman

Your Wonderness

signature wonder

Wonder Delivers

Je te quittais, lecteur, alors qu’un beau matin

perplexe, puis ébahie, songeuse, et ahurie,

je naviguais perdue, des sites libertins

l’infinie mer de bites, cherchant un homme en vain.

(Wonder aime les alexandrins.)

Cependant tu le sais autant que moi, lecteur, si on abandonnait ses projets dès qu’on rencontrait un obstacle sur son chemin, on serait encore à la maternité, le biberon rivé au bec.

Je soupirai donc un grand coup et entrepris de séparer le bon grain de l’ivraie, c’est-à-dire, en contexte, le torse nu sympatique du phallus en gros plan.

Car parmi les chacals, les panthères, les lices,
Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,
Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,
Dans la ménagerie infâme de nos vices,

II  est bien quelques mâles somme toute assez baisables.

(Wonder aime Charles B.)

Nous réussîmes donc, mon Wonderboy et moi, à passer à l’étape somme tout assez satisfaisante du

2. Remplissage du carnet de bal

C’est tout à fait délicieux. Jugez plutôt :

« Chéri, si on rencontre Rocco4U et tuvajouir75 pour un verre lundi soir, on peut voir ptitcouple33 mardi et funsex29 samedi, ce qui laisse mardi, mercredi et jeudi pour recevoir un des candidats vus lundi pendant l’aprèm si on trouve notre bonheur, comme ça on peut aller manger les lasagnes de ta tante chez tes parents vendredi. Deal ? »

3. L’entretien d’embauche

Donc, le lundi, on décide de rencontrer deux mecs seuls, qu’on pourrait éventuellement inviter à nous rejoindre sous la couette. Un des deux s’étant désisté, on profite de la fin d’aprèm pour se préparer tranquillement, et on arrive un peu en avance au bar, histoire de

  1. trouver une position stratégique pour être repérés facilement,
  2. se pré-bourrer la gueule afin d’être un peu plus détendus.

En s’asseyant à notre table, je regarde furtivement à droite et à gauche, au cas où Rocco4U serait déjà là. Et là, flip total.

« – Chéri, les gens là, ils nous regardent bizarrement. Tu crois qu’ils savent qu’on va se faire un mec ? Mon décolleté est trop bas ? Ma jupe est trop courte ? Dis, tu crois qu’on va aller en enfer ?

– …Je te commande un deuxième gin, hein. »

Et soudain, il apparaît. Et il a l’air… dix fois plus timide que nous. Et normal. On dirait un petit lapin dans les phares d’un tricycle. Je veux lui offrir un chaton.

On lui fait signe, et il vient s’asseoir à notre table. La conversation s’engage, tout le monde est à l’aise. Je commence à le trouver mignon et pas assez entreprenant. Ca doit être bon signe.

Au bout d’une heure, mon Wonderboy, qui est dix fois plus discipliné que moi, juge l’entretien concluant et initie le départ du bar. On raccompagne Rocco4U à sa voiture et en lui disant au revoir je risque un « euh… et sinon, si tu veux passer à la maison prendre une bière, hein, je serai ravie de te la décapsuler… Euh, la bière, hein ! Non parce que je ne décapsule rien d’autre, bien sûr, je ne vois pas trop comment d’ailleurs, qu’est-ce qu’on peut décapsuler d’autre, mhmm ? » (petite voix en moi: « Wonder, ta gueule »).

Il sourit, il dit « avec plaisir ». Il serre la main de mon Wonderboy et il part obscur dans la nuit solitaire.

(Wonder aime les hypallages.)

Une fois dans notre propre voiture, on saute sur le portable pour procéder à la rédaction du

4. SMS de ferrage*

(*Pour les non-pêcheurs: c’est le sens numéro 7)

On propose donc à Rocco4U, de manière amicale et courtoise, de venir boire quelques bières* chez nous plus tard dans la semaine.

(*métaphore, ou plutôt métonymie, la bière se prenant sur le canapé ou se prennent aussi d’autres choses) (ou personnes)

Il nous répond dans les cinq minutes :

« Ce sera avec grand plaisir ! Que diriez-vous de demain après-midi ? »

Comme on avait déjà quelque chose de prévu de l’ordre du non-tringlage de type, on propose plutôt mercredi ou jeudi.

Et là, contrit, Rocco4U nous envoie un sms de plates excuses :

« Désolé d’avoir proposé demain ! Je n’aurais pas dû, c’est vrai que ça fait tôt. Mais vraiment, je peux attendre largement mercredi, sans problème. Encore toutes mes excuses. »

Je regarde Wonderboy, Wonderboy me regarde:

Euh… Désolé pour quoi ? Pour avoir proposé de me tringler si vite après notre première rencontre ? Parce qu’attendre le surlendemain serait la preuve irréfutable que lui et nous, c’est du sérieux ? Qu’il nous respecte ?

Gnarf ?

Les subtilités m’échappent encore un peu.

5. Le passage à l’acte

Donc voilà, c’est le jour J, le D Day, le T Tag : mon premier truc à trois avec deux mecs.

Ca pourrait presque être le titre d’un livre éducatif. Avec pages à colorier. Mais je m’égare.

On s’est débrouillés comme des professionnels.

Je jure. Je ne sais pas d’où ça nous est venu. Je pense qu’à la base on aime les gens, donc notre premier invité, on l’a mis à l’aise et on a sorti les Curly bacon.

Il est timide ? On le fait boire.

Il aime la musique ? On fait un blind test YouTube années 80.

Il ne me saute pas dessus ? Je m’assois sur le canapé avec lui.

Il ne me saute toujours pas dessus ? Dès qu’il va aux toilettes mon homme s’assoit à côté de moi et on commence à fricoter, style pas discrètement du tout.

Il sort des toilettes, s’assoit à côté de moi, je me retourne, et de fil en aiguille, la bière devient vraiment une métaphore.

C’est le moment d’insérer une ellipse visuelle au symbolisme subtil :

6. L’après-threesome

Wonder et son Wonderboy se réveillent, détendus, fiers d’eux, comme s’ils avaient couru un marathon, gravi l’Anapurna ou gagné un filet garni au loto de la cave coopérative de Saint-Jean-de-Védas.

Je ramasse les cadavres de bière, je fais du café, je fredonne du Nana Mouskouri.

Et là mon copain, innocemment, me dit :

–   Au fait, j’ai envoyé un sms à Josh* pour le remercier et il m’a pas répondu. Je vois pas pourquoi, j’espère qu’on lui a pas fait peur.

–   (Moi, qui m’étrangle sur une caouète de la veille) Hein ? Tu l’as « remercié » ??

–    Ben oui, qu’est-ce qu’il y a ?

–    Mais ça va pas? Si tu le remercies, ça sous-entend qu’il a fait quelque chose pour nous – style, « merci de nous avoir rendu un service ». C’est comme si on l’avait exploité !

–    Meuh non, c’est gentil, ça fait « merci pour ce bon moment passé ensemble, mec, les bières étaient bonnes », tout ça.

–    Alors pourquoi il n’a pas répondu ?

–    Ben je sais pas, justement… Tu crois vraiment qu’il l’a mal pris ? »

(*le vrai nom de Rocco4U)

Depuis je me demande si je devrais envoyer un message à Josh moi-même, histoire de rattraper le coup, au cas où. Juste pour lui dire que ça m’a personnellement fait plaisir de le connaître – bibliquement, certes, mais pas que. Que si Wonderboy l’a remercié, c’est uniquement dans un esprit de camaraderie. Que sinon, on a ‘achement envie de le revoir, parce qu’on l’apprécie vraiment. Comme être humain. Pas comme objet sexuel. Parce qu’on le respecte. Et qu’on a les meilleures intentions à son égard.

J’ai un peu l’impression d’être un mec, en fait.

 

Best wishes from

Your Wonderness

Plus on est de fous…

Sans transition (parce qu’on n’en est plus ni aux excuses ni aux explications, il y a veritablement urgence, façon NFS-chimie-iono, mais avec plus de lingerie et moins d’appendicites), le reste de l’actualité (ou pas, car vieille, mais un peu quand même, car toujours pas-encore-racontée).
*****

 

Donc, lecteur, faisons une petite expérience scientifique. Prenons un couple amoureux A. Disons que les deux individus qui le composent sont de nature curieuse et présentent un préjugé positif à l’égard des activités subcouettiques de tous accabis. Disons aussi qu’ils plutôt sociables et que leur degré de jalousie est faible. Sachant que le degré d’humidité de l’air est de 66%, que la température est de 25°C à l’abri et que Bison Fûté annonce un chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens sur la N20 en face du Cora d’Arcueil, comment qu’on fait pour trouver un 3e – voire un 3e ET un 4e – au bridge-jambes-en-l’air ?

 

Car oui, lecteur, tu ne rêves pas. Aujourd’hui on va parler trukatroi et trukakak,  activités de groupe que la Wonder et son Wonderboy ont décidé d’explorer ensemble, parce qu’un couple, d’abord, ça doit avoir des hobbies en commun, et nous on kiffe moyen le macrâmé.

 

Donc, dis-je, comment faire pour trouver des gens avec qui passer du temps à poil ?

 

Ben c’est comme pour la recette du coq au vin, le meilleur moyen d’enlever une tache de graisse d’urus, l’année de sortie de « Macumba », le sens de la vie… On va sur un site.

 

(Je ne dis pas « y a une application pour ça », parce que j’ai cherché et non, rien. C’est décevant. Mais bon, si des lecteurs motivés veulent nous créer ça, je suis pour.)

 

Mais attention, on ne va pas sur Wikipédia : on choisit un site spécialisé, qu’on appelle communément « site libertin ».

 

ATTENTION !
 
Je sais bien que l’échangisme est à la mode (merci DSK, merci Dédé), mais ce n’est là qu’une des très nombreuses branches du libertinage. Ainsi il y a les libertins « côte à côte » (tendance soft voyeuriste), les libertins « entre filles » (où seules les dames changent de partenaire), les mélangistes (où les préliminaires sont collectifs mais la pénétration reste le domaine réservé du partenaire officiel), et les échangistes, enfin, pour qui c’est vraiment la fête du slip.

 

Revenons à nos moutons électro-niques.

 

Pourquoi un site libertin et pas achèteungodelureau? Pour gagner du temps, d’abord.
On économise le tournage autour du pot et la prise de pincettes obligatoires qui entourent la recherche d’un partenaire de couette sur un site de rencontres classique. Ici nul besoin de persuader votre target que vous ne cherchez pas qu’à vous amuser. Au contraire : il est recommandé de lui préciser qu’on s’intéresse à sa personne UNIQUEMENT sexuellement, qu’à part ça, merci, on a tout ce qu’il faut à la maison, d’ailleurs on est très amoureux, stables, épanouis, toussah – et qu’on lui lâchera la jambe avec plaisir dès qu’on aura pris notre pied*. Enfin, bon, faut bien noter quand même que tous les libertinages ne sont pas forcément des libertinages d’un soir : on peut recontacter, mais SEULEMENT pour RE-du cul. Les cartes de Noël, les cadeaux au petit pour sa première dent, les « bonne fête des voisins ! » : non.
*J’arrête les jeux de mots anatomiques demain.
En résumé, c’est beau, c’est clair, ça se passe comme ça sur « kokinmarket.com ».

 

Lorsque mon Namoureux et moi-même décidâmes* de nous lancer dans les trucs-à-trois-voire-quatre-voire-dix, donc, site spécialisé fut* consulté. (*Passé simple. Farpaitement. Prochaine étape: l’imparfait du subjonctif. Je vais me gêner.)
Promesses de simplicité mises à part, cela ne fut point sans me rappeler des souvenirs.

 

D’abord, on a passé 4h45 à trouver un pseudo (marrant, mais sexy).

 

« – Bon, mon chéri, faut qu’on se décide.
– Alors on met quoi ? « Trukakat » ? « Onveuniké » ? « Kokinous75 » ?
– Mais ça va pas la tête ?? Tu veux qu’on nous prenne pour un couple facile ?
– …Je vais faire du café. »

 

Puis il a fallu écrire le texte de notre annonce (fine, mais accessible ; intelligente, mais sans être intimidante) et sélectionner les photos pour nos albums (flatteuses, mais réalistes).

 

Le texte de l’annonce, pondu en deux jours de brainstorm intensif (« é à ‘a p’ach de « çherch coup’ hom’ ou fa’ pouh choihées inkimes; ku pench quoi de « pouh pacher du bon kemps’ ? – On en reparle quand tu auras fini de te laver les dents. ») réussit l’exploit de transmettre l’impression suivante :

 

  • On est un couple uni, amoureux, pas du tout en crise, pas du tout du style à briser un autre couple,
  • On est sympa ! On a de la conversation ! On adore l’humour ! Vous viendrez pour nous tringler, vous resterez pour faire un Trivial Poursuit édition années 1980,
  • On est  seeexxxxxxxeee…. *pschhhhh* On a une vie sexuelle de mâlâdes, une libido de déments – mais on respectera vos limites et on partira avant que les enfants se réveillent, et surtout, on n’essaie pas de pimenter notre vie sexuelle parce qu’on s’emmerde, on a TOUJOURS ADORE les partouzes !
  • On est  normaux. Chers vous, nous avons les pieds sur terre, nous ne sommes ni des psychopathes ni des névrosés,
  • On n’est pas drogués et on n’a pas de morpions (cette caractéristique et celle d’avant se résument, sur les sites en anglais, par « DDD free » – « Drugs-, Disease-, and Drama-Free »),
  • On est ouvert d’esprit MAIS attention, faut pas pousser, on n’est ni scato ni zoophiles.
On a aussi un peu essayé de s’inspirer des autres profils de couples, histoire de voir ce qui était attendu qu’un profil contienne comme informations (épilation, pratiques sexuelles, capacité à recevoir ou à se déplacer, limite d’âge souhaitée, etc.). Et là, bizarre, on s’est rendu compte que plusieurs profils contenaient une mise en garde adressée aux sociologues.

 

Oui, vous avez bien lu : il semblerait que de nombreuses études sociologiques soient effectuées sur les libertins, et que les chercheurs se servent de leurs infos sans leur en demander l’autorisation.

 

« Etrange », pensai-je.

 

C’est parce que je n’étais pas encore arrivée à l’étape de…

 

  1. La selection des candidats
Après quelques heures passées à lire les profils pouvant correspondre au nôtre, l’idée d’une thèse en 4 volumes sur les échangistes, leurs pratiques, leur Weltanschauung et leurs processus de socialisation m’a parue BEAUCOUP moins farfelue.
Car vois-tu, mon lecteur, une fois le profil écrit, il reste à affronter cette hydre de Lerme des sites libertins, cette épreuve dont peu se sont relevés intacts, j’ai nommé :

 

 

Pour une raison qui m’échappe jusqu’à ce jour, les mecs célibataires qui s’inscrivent sur un site échangiste sont convaincus que pour pécho de la meuf ou du couple, nul besoin de finesse ou de subtilité : il suffit de déballer l’engin ! Mais bien sûr ! C’est clair : 1. la meuf doit vouloir du volume et 2. a une préférence bien ancrée pour la forme, la cambrure, l’épilation, l’angle de bandaison, le gland champignon ou fondu-enchaîné avec le reste de la verge. BREF – Une bite en gros plan, y a qu’ça d’vrai.

 

Ils ont tout compris à la psychologie féminine.

 

Le côté positif du plantage photographique collectif, c’est qu’il fournit un critère sûr dans le choix des cibles : pas de photo de bite = on regarde le profil. On peut noter également que JAMAIS on ne verra de photo de bite comme photo de profil d’un couple (le membre de monsieur, s’il figure dans le profil, appartient uniquement aux photos secondaires). Qu’est-ce qu’on dit ? Merci Mimine pour la direction artistique.

 

Donc voilà, on a commencé soft : on a cherché un mec pour un truc à trois, hétéro, pas bi (tout pour moooa !), qui savait écrire des phrases grammaticales, autrement qu’en langage sms ou en MAJUSCULES, et avec une photo de profil qui ne me fasse pas penser à un gode en peau.

 

 

Voilà, comme ça, mais SANS le slip kangourou.

 

Après, c’est comme pour tous les recrutements : il y a des candidatures spontanées et les profils qu’on voudrait vraiment. Parmi les premières, fort potentiel à thèse de socio. Aussi j’essaierai d’être brève : 

 

Top 10 des messages provenant de candidats spontanés au tringlage de groupe :

 

  1. BigDickman69 : « kikou – on discute ? »
  2. Kokinou83 : putain, ta meuf est trop sexy ! Je serai super d’accord pour la démonter par derrière pendant qu’elle te suce et la faire jouir en brouette croate sur ton balcon pendant que tu es au boulot 😀 bizouxxx !!
  3. Le mec qui a mal vu et qui croit, parce que notre photo est un gros plan de mon décolleté, que hotcouple est une femme célibataire : « j’ai regardé ton profil et je pense qu’on aura plein de choses à se dire en plus de choses à se faire, moi 33 ans, cadre dynamique, aimant les grands crus de Bordeaux, les chevaux alezans et les week-ends à Deauville – réponds moi vite pour un dial sexy 😉 »
  4. VERIDIQUE « Salut, je suis un marine de l’armée US, je repars en Afghanistan dans une semaine. Vous êtes tous les deux très sexy, on se voit quand vous voulez ». Oui euh, ben euh…
  5. Le mec de 65 ans. Nuff said.
  6. « J’AI VU QUE VOUS AVEZ REGARDER MON PROFIL. »
  7. « J’AI VU QUE VOUS AVAIENT FLIRTE AVEC MOI. »
  8. Le couple moderne : « Bonjour ! Nous avons regardé votre profil et nous avons a-d-o-ré !!! Maeva est très attirée par Madame et totalement bi 😉 Nous serions intéressés par boire un verre avec vous et éventuellement plus si affinités (!) mais nous ne pouvons pas recevoir car nous avons 3 adolescents à la maison. » / VARIANTE « … nous ne pouvons recevoir, mais aucun problème en revanche pour nous déplacer, jusqu’à 1h du matin, heure limite de la baby-sitter qui accepte de garder notre choupinette de Mélodie, 5 mois (un amour 🙂 ). » Vous pensiez que la maternité c’était la fin de la vie sexuelle, lecteurs ?
  9. Message de FANTASMECOLLECTIF de 45 lignes, décrivant la prochaine orgie qui aura lieu chez Lucette et Joël (je vous livre le texte si vous insistez).
  10. Et enfin, tellement chou, le jeune premier : « Bonjour, je suis extrêmement respectueux, 19 centimètres et bonne circonférence, j’adore donner du plaisir aux femmes, je comprends la démarche des couples qui pratiquent l’échangisme et je partage les valeurs de cette communauté généreuse, tolérante, pleine de vie et d’espoir. Etant motorisé, je peux me déplacer les soirs de semaine et toute la journée en week-end. » 

Cela se passe de plus amples commentaires.

 

Je vous laisse faire une pause « vie », et je reviens dans trois jours.

 

 

Best wishes from

Wonder

 

Hottie’s back

Warner (warning + teaser): Ce billet, à défaut d’être anthologique, surfe sur la vibe mythologique. Que les personnes allergiques aux histoires de divinités gréco-romaines forniquant dans des lupanars  prennent leurs dispositions.

 

Cher lecteur,

Suite au message du mystérieux Eole le bien nommé qui nous a remis le vent en poupe, regonflé l’inspiration, repigeonné les balconnets et insufflé une bonne dose d’iode de mer Egée dans nos chakras, Your Hotness est elle aussi de retour sur WHK.

Je me dois à ce propos de lever un verre de bacchanales bien rempli à notre Wonderness chérie qui, tel Hercule en bottes rouges au milieu des écuries de Canalblaugias, s’est tapé tout le nettoyage cendrillonesque et a déménagé notre blog sur ses épaules de superhéroïne atlassienne en jupette bleue.

Je rends donc à Wonder ce qui appartient à Wonder en lui offrant une couronne de métaphoriques lauriers, et me dis que j’ai vraiment de la chance d’avoir une amie dotée du pouvoir de détourner, à défaut de fleuves mythologiques, des flux RSS.

Maintenant que j’ai loué Eole et son souffle galvanisant, Wondie et ses travaux de titan, sans oublier ma Kinky mythique au billet décap(four)ant, je m’en vais désormais t’expliquer, lecteur, pourquoi ce silence de dix mois.

Il se trouve en effet que depuis mai 2011 (juin.. juillet… oui ça fait bien 10), Hottie est désormais membre d’un éminent conseil copulaire composé:

  • De sa blonde et féminine personne.
  • D’un grand brun de sexe alpha-mâle.
  • D’un truc un peu bizarre et un peu kitsch, très galvaudé et surtout dégoulinant de rose-bonbon-itude que les poètes se plaisent à appeller “sentiment amoureux” – et qui est devenu à son endroit source d’addiction compulsive.

Dans d’autres billets datant d’il y a un an (pour les fans de la première heure), il m’est arrivé d’appeller ledit mâle de sexe alpha, ‘Kelkoo’ (comprendre coup-du-siècle-dont-tu-ne-te-remets-pas) et de vanter ses qualités nombreuses et protéiformes, notamment sa capacité à être sexy à la Marlon Brando dans son Tramway, tout en me parlant de la mécanique des fluides appliqué à la phénoménologie de la perception de Merleau-Ponty, tout cela en me faisant, en ALEXANDRINS s’il vous plaît, un dirty talk extrêmement convaincant (et parfois même il me monte une étagère Billy et un tapis de course David Douillet dans la foulée – oui).

Je suis tombée sur la réincarnation d’un dieu de l’Olympe en somme (sans les histoires de métaphorphoses ovido-zoophiles à base de cygnes et de pluies d’or, je précise) qui m’excite dans le sens du poil de Henry et me titille les neurones en me faisant miauler comme une chatte sur un toit brûlant : bref, je ne pouvais que succomber et en amour et pâmoison irrémédiablement tomber.

Kelkoo du coup, ô non-surprise, s’est transformé à la faveur des rayons bucoliques du mois de mai dernier en Kelkoople. Le super coup est alors devenu membre émérite de super couple, et Hottie passée du statut de “Tiens il est 21h si j’allais me faire un acteur en bottes de superman?” à “Tiens il est 21h et mon chéri adoré décide de me masser les muscles fessiers avec de l’huile de pépins de raisin tiède”.

Vraiment, je ne me plaignais pas (tant que ça) avant, mais je dois dire que j’ai touché le gros lot du pactole sur la cerise du mont Parnasse. Je lui suis tellement dévouée que mon gros kif, c’est de me prostrer devant lui en lui caressant la barbe – qu’il a fort drue et épaisse. Comme ça.

Or, si ma vie fut trépidemment émoustillante pendant ces dix mois, mon investissement dans le blog, comme tu as pu le remarquer, perspicace lecteur, battit de l’aile de manière inversement proportionnelle au carré du cosinus de la fréquence et de l’intensité avec laquelle je m’envoyais en l’air.

Car autant Hottie trouvait marrant, voire jouissif, de raconter ses frasques lorsque sentiments il n’y avait point, autant cela ne faisait plus vraiment sens maintenant que Kelkoople avait mis le dawa dans son petit coeur brûlant. Et puis pour être tout à fait honnête, j’ai passé dix mois à me poser des questions existentielles qui me prenaient vraiment la totalité de mes journées.

De plus, comme chacun le sait, l’amour rend extrêmement sirupeux avec une forte tendance gnangnan. Être love est extrêmement mauvais pour l’acidité de la prose, et la verve d’une bloggeuse en pâtit tragiquement.

Donc vraiment, lecteur, tu n’as rien perdu: Les deux premiers mois, mon vocabulaire se limitait à décliner toutes les voyelles de l’alphabet dans un ordre plus ou moins aléatoire (“aaaaeuuuhhhhiiiiiouuuiiiii … !!!”) et à répondre à toute question que l’on me posait par “Gaaahhgaaahh”.

Au bout du quatrième mois, après avoir remplumé un peu mon matelas lexical, si je m’étais essayé à écrire pour WHK, je t’aurais produit de longues périodes enflammées avec protases et apodoses interminables confinant au summum du cul-cul-la-praline, graffitées de petits coeurs sur les “i” et de points d’exclamation hypertrophiés mimant des formes phalliques – deux témoins typographiques de l’état d’artichaut dégoulinant de mon palpitant et de l’activité frénétique de mes jambes synchroniquement palpitantes.

Mais suite au ras de marée de Wondie et au coup de vent d’Eole, Hottie, bien que maquée, is back. Et d’ailleurs, quelques prochains billets de Dame Wonderness et moi-même traiteront pour fêter ces retrouvailles avec toi, lecteur, de :

“les trucs à plusieurs”.

Petit teaser en musique.

Your Hotness

Portées disparues

Mon petit lecteur,

Tu as eu peur.

Ca rime, d’ailleurs.

Et ça aussi, mais je ne vais pas y passer une heure.

Tu as eu peur, donc, dis-je, parce que mes collaboratrices et moi, on a pris – allez, litotons à mort – un tout petit break, niveau blog.

Je t’imagine, regardant chaque jour ta boîte mail, dans l’espoir d’une missive WHKienne – las! Rien ne vient. Tu guettes le moindre signe d’activité sur le blog, sur la page facebook, rien. Tu commences à faire des rêves. Tu sues à grosses gouttes. Tu envisages de recourir aux services de M. Mamadou, celui-la même qui, pour une somme modeste payable par paypal, garantit le « retour de l’être aimé ».

354 euros plus tard, toujours aucune nouvelle des bloggeuses disparues.

Tu changes alors de tactique: tu étais Pénélope, tu deviens Sherlock et entreprends de lire nos archives en quête d’une explication.

Samedi, 4h37 du mat, les pièces du puzzle enfin s’assemblent: « Eurêka! » t’écris-tu, soudain grimé en Archimède.

« Au dernières nouvelles, Kinky était frappadingue d’un type couillu qui vivait sur un autre continent. Comme Wondie, d’ailleurs. Manquerait plus qu’Hottie se soit amourachée d’un gus, et hop, bye bye aventures torrides à raconter! Si ça se trouve, elles se sont mises au point de croix et passent leurs journées sur une hamac en feuilles de bananier, à faire gober à leur homme des grappes de raisin grain à grain. Elles nous ont juste lâchées, toutes occupées par leur bonheur conjugal dégoulinant qu’elles sont.

Et tu conclus:

« Lâcheuses. »

Ben… Ce n’est pas du tout ce que tu crois.

D’abord, tu nous as manqué, aussi.

Ensuite, certes, mes collègues et moi-même avons trouvé chaussure à nos pieds. (Enfin, chaussure, chaussure… non, non, non, je ne la ferai pas.)

Mais, de mon côté Wonderien au moins, ce n’est pas ça qui m’a empêchée de trouver matière à WHKer.

Au contraire.

*stupéfaction*

« Mais Wondie, on croyait que tu avais trouvé le grand amour? Tu coucherais donc avec d’autres? Tu tromperais ton Amerloque?? »

Euh… Ben… Disons que c’est plutôt que lui ne voulait pas que je trompe le blog…

Et donc… euh… notre mode de vie… euh comment dire?  *rougissement, tordage de doigts* Notre mode de vie est adapté à la production d’anecdotes WHKiennes… Voilà.

*regard interrogateur, attendant semonce*

Ah ben, ça va! Je vois que tu le prends bien.

Chouette 🙂

Prépare-toi donc, lecteur: dans les jours qui viennent, parce que c’est Noël et que tu as assez attendu, tu vas découvrir

Le parfait manuel du débutant échangiste,

avec les compliments de Your Wonderness

Je vous avais dit que vous ne le regretteriez pas.

Your Wonderness

Du cul, du cul, du cul (où Wonder se fait pardonner)

We_want_sexMes petits lecteurs,

Honte à moi. J’ai l’impression de vous avoir abandonnés. Et pas seulement parce que ça fait un bail.

Mes lecteurs, j’ai peur de vous avoir déçus.

Car oui, depuis deux posts, je vous parle de mes absences neuronales – pire : j’ai évoqué ma mère, tabou ultime des sites où l’on parle galipettes, fussent-ils humoristiques – et, à part une malheureuse petite levrette innocente avec un homme doté d’un baril de sel, de sexe il ne fut presque pas question dans le récit de mon séjour au Kinkdom.

Qu’est devenue Wonder, la défenseuse du poil intime, prompte à corrompre la jeunesse ?  – Une vulgaire épousseteuse de poils félins dans un somptueux, mais chaste, trois pièces.

(NDLWonder : oui, lecteur, tu ne rêves pas, ça rime. Je suis un peu la Sylvia Plath du blog sexe.

Sans le four à gaz.)

Enfin, faut se rendre à l’évidence : mon image en a pris un coup.

Qu’à cela ne tienne, je m’en vais redorer mon gazon.

Et comment, lecteur ? Simple.

Je n’ai même pas eu besoin de me creuser pour trouver ce que j’allais te raconter pour faire remonter mon quotient glamour.

Hier soir, j’ai été visitée par les fantômes de mes orgasmes passés, présents et futurs. Voui, parfaitement, je suis un peu le Picsou du blog de sexe. Sans les guêtres.

Et non, j’avais pas abusé du martini-grenadine. Je jure que me sont venus et revenus en rêve les moments de transe où, oubliant mes principes cartésiens et mon esprit de libre penseuse, j’ai été pénétrée de certitude (enfin, pas que) et cru en l’existence du point G.

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Te voilà prévenu : ce post est complètement racoleur. C’est un post décolleté, avec une jupe trop courte et des bas résilles, mûr pour le Bois de Boulogne.

N’ai-je donc aucune pudeur ? Bien sûr que non, je suis au-delà de ça. Et puis, c’est pour le blog. On voudrait enfin dépasser la barre des 100 passages journaliers, alors invite tes potes, va y avoir de la fesse.

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***Le fantôme des orgasmes passés***

Mercredi soir, je m’apprête à aller au lit, traînassant en nuisette de soie, un fume-cigarette à la main (la routine, quoi). Quand tout à coup, ffffffooouuuu, nuage de fumée vertical, comme si s’ouvrait une brèche spatio-temporelle (au hasard), et hop, me voici nez à nez, ou plutôt nez à masque en latex avec Batman.

Incrédulité.

« – Yo, Wondie ! Ca roule ?

– Gna ? Euh, vous êtes Batman ? Qu’est-ce que vous faites sur ma pile de Cuisine Actuelle ?

– Ah, zut ! Sorry !

(Il descend et perd immédiatement 30 centimètres, on est donc nez à einss.)

wonderwoman_superman– Hiiiihiiiiii. (Il louche.)

– Dites donc, quand vous aurez fini de reluquer mon 90B, je pourrai avoir une explication ? Puis on vous a déjà dit que vous faisiez plus petit en vrai ?

– (vexé) Ouais bon, ça va, hein! Tu crois que je suis là par plaisir ? Je bosse, moa, mâââdââme. Alors un peu de respect.

(Il s’éclaircit la gorge.)

– « Wonder, ois, ois. »

– Hein ? Ouah-ouah ?

– Mais non, pas ouah-ouah ! Ois, ois ! O.I.S. ! C’est le singulier d’oyez.

– Classe.

– Je disais donc, « ois et reçois ce soir le fantôme de tes orgasmes passés. » (Il change de ton.) Ouais alors, normalement on refile le job au super héros totem de la personne, mais bon, là, Wonder Woman avait une résa pour le Hilton de Krypton avec Superman, résultat c’est moi qui m’y colle.

– Gna (bis) ?

– Ben ouais, le coup des fantômes, c’est un peu comme les interventions avec banderole, tu vois, quand tes amis viennent te voir pour te dire que t’as déconné, et…

-… c’est bon, je regarde How I Met Your Mother comme 80% de ma tranche d’âge vivant en agglomération.

mickey_s_xmas_carol_dd_ee_c_2– Ouais, donc là pour faire clair, moi je vais te parler de tes orgasmes passés, puis t’auras quelqu’un pour les présents, et puis un troisième pour les futurs, tout ça dans le but de te faire changer ton attitude, mais tu vois, subtilement, en te montrant que t’étais bien partie et tout mais que si tu continues sur cette pente glissante, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres, et…

– C’est bon, j’ai vu Le Noël de Mickey, comme 90% de ma tranche d’âge ayant regardé la télé entre 5 et 10 ans.

– Ah cool (Il jette les fiches bristol qu’il cachait sous sa cape). Donc on peut y aller !

*ZOUM*

Je me retrouve sur le lit de ma chambre d’étudiante, face au poster de la Tournée du Chat Noir. Intérieur nuit, Massive Attack sur la chaîne, odeur d’encens.

0418001847_0001– Atchoum !!!! Arf, suis plus habituée au patchouli, moi ! On fait quoi, là ?

– Tu te souviens de cette soirée ? et d’avec qui tu l’as passée ?

– Alors attends… Là j’étais avec Ethan, mon premier ptit jeune ! Aaaah, good times. Ah ben tiens ! Y a son jean par terre… et là, mon débardeur, ma jupe… mais on est où ?

– Ben justement !

Batman me prend par la main et m’entraîne devant la salle de bain. La porte s’ouvre…

– OH MON GODE !!! Tu parles que je me souviens ! C’est le soir où on a baisé comme des oufs devant le miroir de la salle de bain ! C’est LA que j’ai compris que les miroirs étaient les meilleurs des sex toys. Aaaaah ! Ben c’est ça la morale de l’histoire ! Hein ? Hein ? J’ai trouvé ?

– Non, cherche encore !

– Euh…. Je sais pas, attends, laisse-moi voir… Ah ben on n’est plus en levrette, il m’a assise sur le lavabo là…

– Oui… et donc ?

– Oh putain, j’avais oublié combien j’étais flexible à l’époque ! T’as vu où sont mes jambes ??

– …

– CA Y EST ! Faut que je me remette au stretching ! …Non ? Au yoga, alors ?

-… Bon, on va passer à la suite, hein. Ca tombe bien, la Batmobile est garée en double file.

*ZOUM*

Il disparaît, et avec lui ma chambre d’étudiante.

Le sol se dérobe sous mes pieds.

Je me sens tomber, tomber, tomber, façon Alice au Pays des Merveilles dans le tunnel du lapin. Divers objets flottent autour de moi : une cabine téléphonique, une boîte de préservatifs à la fraise, un rasoirun baril de sel La Mouette, mes chaussures rouges et, ô surprise, Dita Von Teese.

***Le fantôme des orgasmes présents***

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(Moi, bavant) « – Smfoihzoihzozgf ?

(Dita Von Teese) – Hello, darling !

– Madame Dita, c’est vous le fantôme de mes orgasmes présents ?

– Yes, dear.

– Putain, Jésus est vivant.

– Oh no, sweetie, c’ey pas du touh ce que tou penses. No need to involve God in this ! (Elle bat des cils, glousse, soupire de contentement.) Alley, on y va ! Va va voooooom !!!! »

Nous disparaissons donc dans un nuage de vapeur rose parfumé au Chanel n°5, et nous retrouvons chez le voisin de Kinky.

« – Ah ! on est chez le mec qui m’a passé un baril de sel pour enlever la tache de vin rouge de sur le tapis de Kinky quand je gardais Henry !

– Yes, well, it’s not touh ce que vous avey fait together, darling !

– Yes, euh, oui, j’avoue… Mais… C’est qui c’te blondasse sur son canap ?!?

– New conquête, darling.

– Ouais, ben elle a pas l’air marrante. T’as vu la gueule qu’elle fait ? Ca valait bien le coup de mettre des bas et une robe moule-einss si c’était pour faire une moue dégoûtée en bouffant son muffin olive-jambon.

– Look pourquoi. »

Le voisin surgit dans le salon, deux coupes de champagne à la main. (« Oh ! Dom Pérignonne ! So fabulous ! », s’écrit Dita en frétillant du corset à frou-frous.) Il s’assoit à côté de La Blonde et entreprend de lui grignoter le bustier. La Blonde s’éclaircit la gorge :

« – Euh, dis, c’est normal le goût sucré du muffin ?

– Hein ???? »

Le voisin se redresse. Il prend un muffin, mord dedans, mâche, l’air perplexe.

Arrêt de mastication.

Il se frappe la tête.

« – Oh non !

– Quoi ? dit la blondasse*.

(*terme dépréciatif lié au souvenir de la levrette sur le tapis et au fait que Wonder n’aime pas partager.)

– J’ai donné le baril de sel à la voisine, j’avais oublié !

– Mais alors tu as mis quoi dans les muffins ?

– C’est du sucre vanillé ! Je savais qu’il fallait que je mette des étiquettes sur mes bocaux !! »

La Blonde recrache tout sur le tapis.

(Wonder) « – Alors là, pour ravoir le tapis…

(Dita )- Chout ! Listen !

La Blonde – Je suis allergique à la vanille ! Gaaaaaarrrrrrgggggggg !!!!!!!! Call 911 ! » »

Le voisin panique (« Ah ben ouais, il pas-nique, c’est le cas de le dire ! Pas de levrette pour Blondie, hein ! »), se jette sur la Blonde, lui ouvre la bouche, y enfonce deux doigts pour essayer de la faire vomir, la Blonde lui donne un coup de pied dans les couilles, il hurle et se tortille sur le tapis.

Dita « – Ok, enough ! Mes yeux oun tel tablow suppeuhter ne pouvent. »

*Pouf! Nuage rose au Chanel n°5*

44221-hi-cointreau-1Nous sommes assises sur un divan en cuir, un verre de Cointreau à la main, tout de fanfreluches roses vêtues.

« – So ! Darling ! Did you understand la leçon de today ?

– Euh… slurp slurp *sirotage* Ben euh… Je vois pas, moi je me trompe jamais entre le sel et le sucre, et je suis pas allergique, alors euh…

Focus, darling – y a-t-il quand meyme something que tou pouh appwende from that ?

– Euh… Baiser d’abord, manger plus tard ?

Dita secoue la tête de découragement.

– Ok, j’ay fay ce que j’ay pouh. Stay gorgeous, darling. »

Elle m’embrasse sur la joue et elle disparaît.

« Pffffffff, dis donc, c’est pire que les énigmes du Père Fouras, leur truc. Ah mais zut, Dita m’a mis du rouge sur la joue ! »

C’est alors que je sens une main sur mon épaule.

Enfin, une patte.

Car oui, lecteur, je me retourne, et qu’est-ce que je vois ?

Un lama.

***Le fantôme des orgasmes futurs***

93Pas un moine bouddhiste habillé de rouge et d’orange et potentiellement dalaï, lecteur, non : un vrai lama quadripède* avec des poils et une queue.

Pas de celles qu’on côtoie d’habitude.

Passons.

(* Je ferai remarquer à toutes fins utiles que le quota homme/femme/animal, personnage de fiction/vraie personne/représentant générique d’une espèce, a été strictement respecté dans ce post. IL N’Y A PAS DE HASARD.)

– ¡Hola! ¿Como estas? me dit le lama.

– WTF ? répondis-je. Euh, pardon, ¿WTF?

– Ah oui, je sais, ça fait un choc.

– C’est vous euh… toi (putain, on dit quoi, à un lama ?)… euh, you, le fantôme des orgasmes futurs ?

– En personne.

– Mais euh… je comprends pas le rapport avec le sexe ou le futur ? ou les fantômes ?

– Ben je suis le fantôme d’un lama mort, je me suis reproduit avec moult femelles pendant mon existence, elles ont pas eu l’air mécontentes, et – et puis zut, tu veux de la logique ? Lis Descartes. Allez, Wonder, grimpe sur mon dos, on a du chorizo sur la plancha. ¡Arriba!

*POF!*

Screen_shot_2011_06_14_at_2En moins de temps qu’il en faut pour dire « qu’est-ce que cet animal de la Cordillère des Andes a à voir avec ma vie sexuelle », je me retrouve dans un appart inconnu et fortement en bordel.

« – On est où là ? Et c’est quoi ça, sous mon pied ?

– Mhmm… je dirais gratin de raviolis au maïs cuit depuis… euh… ¿10, 15 jours ?

– Yuk. Euh, bon enfin, il est un minimum organisé cet appart, quand même, faut reconnaître : y a un tas pour la bouffe en décomposition, un pour les livres et magazines, un pour les DVD, un pour le courrier non lu et un pour les fringues.. OH PUTAIN LE TAS POUR LES FRINGUES VIENT DE BOUGER !

– Ah oui. ¡Hombre!

– IT’S ALIVE !

– Non, c’est juste toi.

– Ko-â ?? »

Trash_heap_1Et là, je vois ma tête surgir du tas, hirsute.

« – Bordel mais où je l’ai mis ????

(C’est moi +5 ans qui parle.)

– C’est pas compliqué, quand même, je l’avais il y a… une semaine ??

(Moi d’aujourd’hui) – Qu’est-ce que je cherche, Monsieur le lama ?

– Ton rabbit. Tu l’as perdu et comme tu as aussi perdu ton mot de passe pour achèteungars ET ton portable ET ta feuille de numéros de mecs à tringler en cas d’urgence…

– Quoi ? La feuille magnétique que je mets sur le frigo à la place des numéros de plombiers/serruriers/électriciens du quartier ?

– Celle-là même.

– Mais elle est impaumable ?!? »

Bouche bée je suis. Moi-plus-5-ans s’agite et envoie culottes, soutifs, guêpières valser dans l’atmosphère. Elle pleure. Elle rit. Elle imite Glenn Medeiros.

(Moi de today)  » Mais je suis complètement folle ! »

Puis la Wonder future s’arrête soudain. Son regard est froid, un peu comme un boucher avant de trancher la tête de Jeannot Lapin pour en faire du matériau à civet.

Elle se lève et se dirige vers l’évier.

Elle en sort une brosse à cheveux.

« Mais, mais ?? Je fais quoi là, Monsieur lama ??

– Ben, aux grands maux les grands remèdes, Wonder. Et t’es vraiment en manque, là, caramba.

– Mais… JE ME MASTURBE AVEC MA BROSSE A CHEVEUX ???? Gaaaaaaaaaassssssssssssp ! »

*POF!*

perfect_mint_julepLe lama et moi nous retrouvons à la terrasse du Martinez à Cannes. Il sirote un mint julep.

Je suis sous le choc.

Sous un parasol aussi*, parce que ça tape.

(*Wonder aime les zeugmes.)

Le lama lâche sa paille avec un bruit de succion pas très Croisette dans l’esprit.

 » Donc voilà, Wonder. Ces petites excursions temporelles avaient pour but de te donner une leçon qui, nous l’espérons, te sera utile pour la suite de ton existence….

– C’est bon, vous pouvez vous épargner le prochain paragraphe, j’ai compris.

– ¿Ah oui?

– Oui. Vous essayez de me dire qu’il faut que je range mon appart si je veux pas finir avec une brosse en poils de sangliers dans le…

– ¡AAAAAAAAH ! Voilààààà. ¡A la bonne heure !

– C’est clair. Dans l’état actuel de ma salle de bain, je pourrais jamais niquer sur le lavabo, il y a l’équivalent d’un demi-magasin Sephora sur le rebord. Et le voisin de Kinky a foiré son rendez-vous avec la blondasse parce qu’il a pas été foutu d’étiqueter correctement ses bocaux.

– Ma mission est donc accomplie. Attends je finis mon mint. *slurp* Me gusta. Bon, jte fais pas la bise, je me suis pas rasé. Hasta la vista, Wonder baby. »

Et *POF!*, le lama disparaît sur un air de flûte de pan.

Le lendemain matin je me suis réveillée dans mon lit, dans ma vraie vie d’aujourd’hui. Mon appart était en bordel, la vaisselle non faite s’accumulait dans l’évier. Alors je me suis fait un thé vert et j’ai tout rangé. J’ai fait le ménage, classé mes collants par ordre croissant de deniers et rédigé des cartes de remerciements pour les derniers dîners auxquels j’avais été invitée. A la fin on pouvait se voir dans ma lampe Ikea et bouffer des sushis sous le lit.

…Non, je déconne.

Ok, faudra que je range – un jour. De préférence 30 minutes avant que les copains débarquent pour un dîner, parce que oui, il n’y a que la honte pour m’inspirer des envies d’ordre.

Mais la priorité, c’était de raconter à Kinky et à Hottie mes hallucinations devant un mojito et d’écrire ce post, mon lecteur, pour les partager avec toi.

Eh oui, je mets en danger ma vie sexuelle future pour toi. C’est pas de l’amour, ça ?

Bon, et là tu te dis, « Ok, c’est bien beau, tout ça, Wondie, mais il est où le cul que tu nous as promis ? Parce que ton post, il manque un peu de jambes en l’air… »

Je plaide coupable, mon lecteur. Mais je t’avais prévenu, ce n’était qu’une basse tentative de rabibochage avec toi… La prochaine fois, promis, il y aura plus d’action. Et moins de lamas. De toute façon, je parle pas espagnol.

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Your Wonderness

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Des hauts et des bas

assLecteur,

Aujourd’hui, m’en vais t’causer chiffons et bouts d’ficelles.

Chiffons de soie et ficelles de strings, s’entend.

Et pas juste strings, je vais aussi parler tangas : je suis pour l’oe-cul-ménisme et le sein-crétisme en matière de lingerie (ok, j’a-raie-te).

Aujourd’hui donc, on va parler sans dessus dessous. On va faire la danse des sept voiles Salomé-style. On va strip-teaser dans tous les sens et se vouer à tous les seins.

Car la lingerie, c’est  beaucoup plus que quelques chutes de tissu posées artistiquement sur nos vertigineuses chutes de reins et dont le rapport €/cm2 avoisine celui d’un appartement parisien.

pin_up_alluringLa lingerie, c’est en effet un soutien.  Un soutien physique contre les lois de Galilée, Newton, Einstein et Murphy réunies, mais surtout un soutien psychologique à armatures métalliques renforcées.

Mon Aubade 90C, il me soutient corps et âme. Comme Michelle son Barack bien aimé, comme une soccer mom son prometteur cadet, comme la fresque de Michel-Ange sa chapelle sacrée.

Il est clé de voûte sous des airs de balcon, structure en fer forgé sculptant poétiquement les volutes de mon anatomie. Il porte et envoûte, maintient et galbe, souligne, rehausse, et transcende. Oui, lovés dans son balconnet, mes seins s’élèvent et touchent au sublime.

J’ai un Darjeeling qui me caresse la peau et l’ego dans le sens de la mousseline. Une guêpière à petits noeuds qui épouse mes hanches et me fait la taille fine d’une sylphide. Un tanga noir et rouge qui fait danser le tango à mes courbes et fait se chalouper ma self-esteem.

L’anicroche, c’est que son soutien n’est pas indéfectible. Oui, la lingerie a son quant-à-elle, et parfois il lui prend l’envie de se désolidariser de notre personne. De se faire la ma(i)lle.

La biatch.

Ce billet se propose donc de t’offrir un petit florilège de dialogues qu’il m’est arrivé d’entretenir avec certains articles de ma lingerie personnelle, lorsque celle-ci me lançait des signes évidents de velléité de sécession.  J’ai déjà évoqué dans un précédent post l’épisode tragique où un de mes bas décida un soir de rencart de se défiler en se filant, l’infâme fripon. Voici trois autres anecdotes rebaptisées SuperBowl-styleHottie’s Janet-moments.

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Fragments d’un discours amoureux entre Hottie et sa lingerie

 Extrait #1

Décor: Intérieur feutré dans bar branché de la capitale, photophores indigo sur tables octogonales en stratifié prune.

Acteurs: Une Hottie assise à une desdites tables; un soutif; un individu de sexe Pamal avec qui elle “prend un verre” (comprendre: passe en entretien d’embauche pour CDD sexuel éventuel, suite à une rencontre sur le net); deux cocktails portant un nom salace posés devant eux.

Soutif-pigeonnant-à-bretelles-amovibles (a.k.a. SPBA): Bon le mec en face, sa tronche me revient vraiment pas. Je frise l’ennui là. J’en ai les bretelles qui frétillent.

Hottie: SPBA, je sens que tu commences à déconner. Me lâche pas. J’ai besoin de toi. Le flot de la conversation commence à se tarir.

SPBA (étouffant un bâillement – comme tout article de vêtement insolent qui se respecte): Oui, ben je fais ce que je veux. D’ailleurs, tiens, hop.

Hottie (sentant la bretelle droite de SPBA effectuer un saut à l’élastique au-dessus de son épaule): Oh le &#@ !!

SPBA: Hottie, châtie un peu ton langage. On n’a pas tricoté du mohair ensemble que je sache.

Hottie (tentant de masquer par un savant jeu d’arabesques d’avant-bras le fait que son sein droit se situe désormais 5 mètres en-deça de son sein gauche): Plus JAMAIS je te sors en public, tu m’entends. PLUS JA-MAIS!

SPBA: Ouais, ouais, tu dis ça à chaque fois. Mais ya que moi qui te fait pigeonner les seins comme ça. Tu reviens toujours vers moi au final.

Hottie:  Non, mais là, tu dépasses les coutures du tolérable. C’est fini. J’ai plus confiance. Tu as cassé un truc entre nous.

SPBA: Je t’ai surtout cassé ton coup.

Hottie: Je te hais, je t’abhorre, je t’abomine, espèce d’ignoble oripeau!! Dès que je rentre, je te balance.

SPBA: Et si tu me jettes, ta robe noire strapless, tu la mettras avec quoi alors?

Hottie (fulminante de frustration): Je… je… !!!…  Bon ok, pas direct le container, mais je te mets au placard pendant au moins 2 mo… semai… jours! Au moins! Nom d’un Denim! Si on peut même plus compter sur son soutif pour nous épauler.

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Extrait #2

Tan-le-String (oui mon string a un prénom vietnamien): Et je gratte et je gratte et hop que je la fais se tortiller. Ah ce pouvoir dont je jouis, je ne m’en lasserai jamais. Je me fends tellement la poire en lui fendant l’abricot. HA HA HA.

Hottie: Dis, Tan, tu pourrais arrêter d’infliger une danse de saint-gui à mon postérieur là. C’est agaçant.

String: Que nenni. C’est fort divertissant, bien au contraire. Et puis comme ça, j’ai l’impression d’exister. Le reste du temps, j’ai la sensation d’être invisible à tes yeux. Alors que j’ai une âme, moi! J’ai une personnalité, du relief, des coutures! J’ai besoin qu’on prenne soin de moi, qu’on reconnaisse ma valeur de corde sensible.

Hottie: Oh, mais ma reconnaissance à ton égard est éternelle.

laundryString: Ouais ouais.

Hottie: Non mais par contre arrête ça tout de suite, parce que j’aimerais bien être crédible devant mon chef là, et j’arrête pas de remuer du valseur. J’ai l’impression d’être une femelle Bonobo en chaleur le soir de la Saint-Jean.

String: Bon tu me promets d’arrêter de me laver avec le tanga rose alors? Je le supporte pas. Il déteint sur tout ce qui bouge. Et puis j’aimerais aussi que tu vérifies scrupuleusement la température de l’eau. Je suis délicat moi, je ne supporte que 20°, et toi tu me jettes sans scrupule dans une eau à 45° facile. Avec tes grosses chaussettes informes que tu mets pour faire du roller. Mon ego de string prend un sacré coup dans ces moments-là.

Hottie: Hélas, Tan (NoteDeLaHottie: J’espère que les amateurs de calembours se régalent, je fais de mon mieux), je te trouve particulièrement tendu comme string.  Tu tires trop sur la corde ces derniers temps.

String-de-plus-en-plus-tendu-mais-ne-se-dégonflant-pas: Et je veux de l’assouplissant parfum fleur de cerisier spécial “strings noirs” aussi!! ET… j’exige d’être ensuite posé bien à plat avec délicatesse – pas être balancé façon jeté-roulé-boulé dans ta baignoire et abandonné là comme un vieux torchon défraîchi pendant trois heures le temps que tu finisses ta conversation Skype avec Emilie.

Hottie: Euh t’abuses pas un peu là ? Si tu n’arrêtes pas tout de suite ce chantage scélérat, je … je te…  je te DEPAREILLE !!! Ah, tu t’y attendais pas à celle-là, hein ! [rictus de haine venant tordre la bouche de la Hottie en prononçant ces paroles d’une rare violence]

String: NOOOOOOOOOOON! Ma vie ne tient déjà qu’à un fil et tu veux m’enlever ma seule fierté, mon seul Triumph, tu as vraiment le coeur croisé ! [sanglots longs des violons du poème s’élevant dans le lointain pour accompagner la complainte de leur ami – affaire de solidarité entre instruments à cordes]

Hottie: Oui. Et je te mettrai sans scrupule avec le Aubade blanc à dentelles et petites incrustations de pierres bleues que tu détestes tant parce que tu fais triste figure à côté, vil lycra noir.

String: Bon tu l’auras voulu, je lance une coalition.

String à Soutif: SOS, SOS (= String Ordonne à Soutif) !!

Soutif (ouvrant un bonnet endormi): Humph?

String: Hottie me soûle. D’abord, chuis trempé (rapport à la vision de son chef en face là). Et ya son tampax qui me fait la morale en disant que sa ficelle à lui est 100% coton bio-dégradable et que je suis pas eco-friendly. Ya moyen que tu te dégrafes dans les 10 prochaines secondes pour lui rappeler que sans nous, elle est rien?

Soutif: Robert, robert*.

 * Formule d’assentiment utilisé par les soutifs rebelles lors d’une opération militaire. Equivalent en langage de soutif de ‘Roger’.

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Extrait #3:

Décor: Extérieur jour. Rue parisienne. Sujet marchant d’un pas léger, agile et assuré le long d’une rue piétonne, animée et commerçante, telle une Pérette des temps modernes, court vêtue, cotillon simple et souliers plats, en route vers un rendez-vous susceptible de faire faire un salto avant à son existence (sinon c’est pas drôle).

Bas-qui-veut-s’faire-la-malle: Tiens et si je décidais que le caoutchouc de ma jarretière ne collait plus. Oh oui, ça serait burlesque comme effeuillage, ça.

Hottie: Ouhla, j’ai la sensation qu’il y a comme péril en la jarretière là. .. Non, nooooon! Ne toooombe pas! Ô rage, ô désespoir, ô lingerie ennemie! Je t’en conjure, au nom de toutes les Princesses Tam-Tam de l’Asie mineure et Meurthe-et-Moselle, je ferai tout ce que tu veux. Je te laverai avec amour et du lait d’ânesse à la lavande [Note: quand elle est désespérée, la Hottie fait des zeugmes]. Je te mettrai dans un tiroir spécial de ma penderie étiqueté “A bas les hauts, les bas c’est hot”! Je t’enfilerai sensuellement et amoureusement, après avoir mis des gants de soie comme le faisait feu ma grand-mère (true story – elle avait une cote de popularité auprès de sa lingerie ma grand-mère, je vous raconte même pas).

Bas-indécis : Hum.

Hottie (tentant de flagorner la vicieuse viscose): Ô bas, tu est pourtant si haut placé dans mon coeur. Tu… tu… rayonnes!  [NdlaHottie: Amateurs de calembours, rebonjour!]

Bas-énervé: Nom d’un Dupont de Nemours, tu crois que je vais être sensible à tes flagorneries, vile flatteuse.

Hottie: Mais tu me fais une si belle jambe.

Bas-sortant-de-ses-bottes: Nom d’un nylon! C’est incroyable d’entendre de pareilles bas-livernes.

Hottie: Ô mon Dim, à mon grand dam, il n’y a que toi qui m’ailles…

Bas-remontant-dans-l’estime-de-celle-qui-le-porte: Hum, tu sais parler aux bas toi. Ok, trêve.

Hottie: Merci.

Bas-redescendant-dans-l’estime-susmentionnée: Oups. Notre échange a échauffé le caoutchouc qui a perdu toute capacité d’adhérence.

Hottie (se retrouvant avec un bas enroulé autour de la cheville gauche) : Argh!!!!!!! Vite une porte-cochère!! Un lampadaire !!! Un bac de géraniums géant !!!! Neeeeeeeed !!!

Your Hotness

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L’orgasmigramme

Salut, lecteur.

Non, WHK ne fait pas le mort. Il ne fait pas non plus le carême.

Il fait bronzette, voilà.

Mais comme Kinky a l’âme charitable (j’en entends qui rigolent, au fond !), elle t’a quand même concocté un petit quelque chose. Dans ce billet, pour toi, lectrice, un super accessoire pour ne plus tailler le costard dans le noir, au hasard. Et pour toi, lecteur, un backstage pass dans les coulisses misandres des soirées meufs.

***Joyeuses Pâques!***

Procédons.

Lectorat, j’ai un pépin. Trop souvent, nos comités de rédaction ressemblent à ça :

copines

Tu vois le problème ? On manque grave de structure ! Faute de benchmarks et de track records, on en est réduites à attribuer à nos amants des appréciations hasardeuses, frustrant notre soif d’exactitude et faussant la comparaison. Trop souvent, c’est le dilemme : qui est le plus méritant, le micro-membré motivé, ou l’endurant aux cris stridents ? Le Nessie paresseux, ou le fétichiste appliqué ? Et si sa bite ressemble à Alf ?

En gros : comment échapper à l’arbitraire lorsqu’entre garces on déblatère ?

Heureusement, Kinky avait une sœur. Appelons-la – prenons un mot neutre, au hasard, tiens : Bombassa.

Bombassa a la solution à tes soucis de notations. Standard & Poors n’ont qu’à bien se tenir. Moodys peut aller se rhabiller. Car Bombassa a conçu, mis en œuvre et testé pour toi l’orgasmigramme.

 

Meet the sister

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Bombassa, c’est un peu le croisement d’un coulis de carambar et d’un papier tue-mouche : quand on l’a rencontrée, on peut plus la quitter. Il faut dire qu’elle se résume à une irrésistible équation :

a + b + c

Son impossible plastique lui vaut la vénération des hordes XY qui essaiment autour d’elle comme de bien entendu. En plus, Bombassa a un métier glamour : elle dessine des strings. Son quotidien ? Traiter avec des fournisseurs de nœuds.

Mon taf, à moi, cause Double Dip et pénétration du marché et c’est même pas sexuel. Y a pas de justice. Mais je ne lui en veux pas du tout. D’ailleurs si tu es sage un jour je te raconterai comment j’ai presque surmonté 10% des complexes qu’elle me file grâce à seize psys, un délicieux cocktail à base de rhum, de tequila et de Prozac, et une habile superposition de push-up fourrés.

En attendant, je pense que le personnage est bien campé, le sujet bien lubrifié : trève de préliminaires, on peut y aller.

L’Orgasmigramme : une interview exclusive WHK

(Kinky) Bonjour Bombassa. Peux-tu nous présenter l’Orgasmigramme ?

(Bombassa) Bonjour Kinky. L’Orgasmigramme, c’est un outil visant à établir une critique juste et constructive des performances de nos partenaires. Il est né d’un brainstorming poussé entre collaboratrices motivées, un soir de grande sobriété.

(Kinky) Et ça marche comment ?

(Bombassa) – L’application se présente sous forme de grille de notation. L’utilisateur est invité à évaluer son partenaire dans cinq grandes catégories : « Mise en condition », « Esthétique et prise en main », « Compétences coïtales », « Applications sonores » et « Post Production ». Ces catégories se subdivisent en une vingtaine de critères précis allant du ratio endurance/énergie à la gestion de la domination en passant, inévitablement, par la taille de l’engin. On obtient ainsi une moyenne générale reflétant de manière fidèle l’ensemble des capacités du candidat. (L’utilisation de la calculette est autorisée).

(Kinky) Quelle percée ! Et l’on peut ainsi comparer en toute objectivité ses étalons présents et passés ?

(Bombassa) Mieux que ça : on peut établir des moyennes de classe, ou utiliser l’Orgasmigramme pour dresser des pronostics sur des cibles en phase précopulatoire !

(Kinky) Et l’Orgasmigramme fonctionne également dans le cadre d’une relation longue durée ?

(Bombassa) Bien sûr. Comme toute bonne application, l’Orgasmigramme est modulable et évolutif : je travaille actuellement à sa version 2.0, le modèle « Couple Casé ». Il comportera les critères « Fréquence Fornicatrice », « Synchro de la Libido » et « Réveil du Volcan ».

(Kinky) Pour bien appréhender le fonctionnement du document et les subtilités des différentes catégories, je propose qu’on se penche à présent sur ta grille à toi, dûment remplie. Je constate que Belgaufra a obtenu un zero pointé en « Poète vs. Pouêt Pouêt ». Comment expliquer cet échec ?

(Bombassa) Il faut savoir cette catégorie évalue le verbiage du candidat durant le rapport ; il ne faut pas la confondre avec la catégorie « Bruité à la bouche », qui renvoie uniquement aux brames et vociférations. Quant à Belgaufra, il souffrait d’un défaut technique au niveau des réglages sons : au consensuel « Oh oui », il préférait le déconcertant « Eh oui ! ». Nos ébats prenaient donc la tournure d’événements sportifs : « Eeeeet voici que notre Apollon administre à sa proie un spleeeeendide coup de rein quelle précision dans le tir c’est extraordinaire  mais que vois-je ? Sa main droite remonte le terrain eh oui chers télespectateurs c’est fooooormidable il effectue un irrrrrrréprochable palper mammaire droit, mais attention ! Il accélère la cadence il touche au but quel déhanché du jamais-vu quelle spectaculaire partie de jambes en l’air chers téléspectateurs c’est du jamais vu il eh oui il augmente encore le rythme rien ne l’arrête et c’est l’ASSAUT FINAL EH OUI IL JOUIT IL JOUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIT ! ».

(Kinky) Par contre, Hommparfê a obtenu 5/5 en « Loisirs et Créations »…

(Bombassa) Tout-à-fait. Il était très inventif. Un jour, il m’a bandé les yeux et fait deviner avec quoi il me caressait : une plume, un foulard en soie…

(Kinky) Sympathique… mais classique, non ?

(Bombassa) …Oui… jusqu’au moment où il m’a tartiné les fesses de compote et mis des tomates cerises dans le vagin.

(Kinky) Et ce Calvino, qui a eu 5 en énergie ?

(Bombassa) Rien ne l’arrêtait, on finissait en nage ! Du coup, on faisait souvent ça sous la douche. Ce qui nous permettait, d’ailleurs, de gagner du temps. Il faudrait que j’intègre un bonus « Esprit pratique » – à creuser.

(Kinky) Le dénommé Alkolo, par contre, a eu un zéro pointé en « Coup de rein », ainsi qu’en « Duracell », soit le ratio endurance/énergie…

(Bombassa) Ah, lui ! …Il s’est endormi sur moi.

(Kinky) Unssinifian n’a eu que 0,12 de moyenne générale. Comment l’expliquez-vous ?

(Bombassa) Longue histoire ! Tout a commencé à une soirée jacuzzi. Je me trémoussais en bikini quand trois éphèbes dénudés m’ont attirée dans la vasque éponyme et se sont mis en devoir de me frictionner le corps à l’aide d’un savant mélange de bain moussant, de gel douche et d’éclaboussure de punch exotique. Si bien que, les effluves aidant, je perdis ma légendaire sobriété.Je ne me rappelle plus l’adresse de l’appartement où nous avons poursuivi tous les quatre la soirée, mais je me souviens que c’était à proximité de la station de métro Bourse. On a formé une douillette barquette à l’aide de deux canapés rapprochés et, blottie dedans en si foisonnante compagnie, je me suis attachée à distribuer équitablement les diverses parties palpables de mon anatomie. Comme l’un de ces messieurs m’attirait davantage que les autres, je lui susurrai à l’oreille mon envie de me retrouver seule avec lui sur quoi, les deux autres, sans doute dotés d’une ouïe surpuissante, ou peut-être parce qu’ils se trouvaient respectivement à deux et trois centimètres de distance, surprirent cette confidence, firent preuve de tact et s’éclipsèrent. Unssinifian et moi, nous niquâmes donc. Plus que bref, ce fut… instantané.

Pour la petite histoire, la nuit suivante, je rêvai que j’explorai le décor d’un tournage, lequel consistait en légumineuses géantes et admirai notamment longuement trois grosses asperges. Je m’abreuvais également d’un liquide que mon censeur de subconscient nommait « Blanc d’Alsace » mais qui était en fait du spe…

(Kinky) Je propose que nous laissions opérer l’imagination débridée du lectorat. Pour conclure, que pensent les mecs de votre Orgasmigramme ?

(Bombassa) Certains l’exècrent, évidemment, mais les plus joueurs l’adorent ! C’est même à l’un d’eux que je dois l’idée des coefficients, une fonctionnalité que je m’applique à développer.

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(Kinky) Et alors ? Vous leur révélez leur moyenne ?

(Bombassa) Jamais au grand jamais ! Pensez donc : si elle est bonne, l’étalon ne se sent plus. si elle est mauvaise, le poulain complexe et sa perf en pâtit. Ire : certains exigeraient de savoir où ils ont perdu des points, s’il y a un rattrapage en septembre…

(Kinky) Merci, Bombassa, pour ces éclairages. »

À toi, maintenant !

 

Eh oui lecteur, petit veinard : c’est ton tour à présent de castrer tes amants… méthodiquement ! Enjoy.

Télécharger Mon_Premier_Orgasmigramme. !

(Il faut mettre une note sur 5 pour chaque catégorie. Tu vas voir, j’ai même fait des formules Excel pour te calculer automatiquement tes moyennes. On dit merci qui ?)

Yours,

K.


Au pays de Kinky (une Wonder aventure avec des poils)

634040853323565400_wonderwomanMon petit lecteur, et toi, malheureux Canadien qui a été redirigé en ces lieux après avoir tapé « jarret de caribou recette* » dans Google (*true story). Pars pas ! Tu verras, dans ce post, c’est comme dans Starmania, y a des chansons et de l’émotion, tu vas aimer.

Mais avant : contexte.

Lecteur fidèle, tu te souviens peut-être, et tu en informeras ton nouveau camarade le Canadien, y a quelques semaines de cela, Kinky nous quittait pour vivre une aventure décoiffante au pays des machettes. Elle allait retrouver sa découverte scientifique principale, celle pour laquelle elle est pressentie pour un Nobel, une Légion d’Honneur et même peut-être une place au Panthéon – mais alors plus tard, hein, on veut la garder vivante et frétillante encore un peu – j’ai nommé Roustons, le Mec-à-Couilles.

D’après ses recherches, il apparaîtrait même que ce n’est pas un spécimen unique. Parfaitement : il existerait des mammifères, comme nous, mais de sexe masculin ET couillus comme des caribous (tu vois, lecteur québecquois, on parle de trucs que tu connais ! J’en profite aussi pour faire un kikou aux amateurs de Laurent Gerra : vous aussi vous pouvez rester). Enfin, bonne nouvelle, quoi ! Perso, ça me donne envie de m’inscrire chez WWF et de militer pour l’implantation de l’espèce en région parisienne.

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Enfin, j’en viens au sujet de mon billet d’aujourd’hui – billet toujours doux pour toi, ‘videmment, parce que j’te kiffe grave, lecteurounet.

(T’as vu comme t’es bien traité, lecteur canadien ? Tu vas rester, hein ? Je suis à deux doigts de mettre une perruque pour interpréter ‘My Heart Will Go On’ sur une proue de Titanic en polystyrène pour te convaincre, mais bon, je doute que ça plaise aux 99,9% restants du lectorat, donc je vais m’abstenir, hein.)

Kinky allait donc abandonner son nid parisien, nous laissant orphelines, puisque – et vous conviendrez avec moi que c’est un scandale – elle n’a pas encore le don d’ubiquité. Nous, on peut se verser des mojitos toutes seules, mais il fallait quelqu’un pour remplir ses bols de croquettes à Henry qui – et vous conviendrez derechef avec moi que c’est un scandale – n’a pas appris à ouvrir le sac de Friskies tout seul depuis le temps.

logo_benevolatEnfin, comme j’ai l’âme charitable et que je vis pas trop loin de chez la Kinky, je me suis portée volontaire pour habiter une semaine dans le Kinkdom, un modeste T2 de 80m2 avec poutres apparentes, parquet, fauteuils confortables, à deux pas d’une pizzeria sympa avec des clients qui le sont encore plus.

Ouais je sais, je suis la fille spirituelle de Mère Thérésa, on me le sort tous les jours.

Enfin, comme c’est marqué dans la Bible :

Au commencement était le début.

Procédons.

a_beautiful_chandalierVendredi, 20h, je pars chez Kinky, un sac à dos rempli de clopes, de vin et de carnets moleskine  – prévoyant de profiter de l’occasion pour me la jouer retraite écriture, style la bloggeuse se niche sous les toits pour se mettre en communication avec sa muse perso et créer. Je tape le code, traverse le hall en acajou où mes talons, à la faveur de l’acoustique cossue du lieu, font le plus joli clic clic clic de leur vie.

J’entre dans l’ascenseur tout en dorures, me sentant un peu comme Pretty Woman au Ritz, et j’appuie sur le bouton du dernier étage.

Vrouuuuuu ! fait le moteur qui me soulève jusqu’au Kinky-palier.

Je trouve les clefs au fin fond de ma poche, les glisse dans la serrure, et me voilà au seuil d’une nouvelle vie, une vie palpitante, trépidante, turlupinante.

Je manque d’en avaler mon chewing-gum au guarana d’émotion.

 

***Fin de l’intermède jeune débutante***


Donc ouais, pendant une semaine, j’allais vivre la Kinky-life : jurer comme un charetier (sur le trajet vers le Kinkdom, je m’étais entraînée – extrait : « Putasse de bordellum de saligaud de cul-de-jatte !! Euh… tu me casses les précieuses façon pûûû-zle !! ah merde, nan, je m’embrouille… euh… peau de zob ! » – regard outré des passants), dormir avec Henry (attention : ça a été très platonique – je dis pas qu’il a rien essayé, hein), lire SES livres, regarder SES dvd, montrer mes seins à SON voisin d’en face. Et puis surtout, manger SES soupes lyophilisées, et comme on est ce qu’on mange, eh ben voilà.

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Elle m’avait laissé une liste d’instructions, du style : « pour ouvrir la porte, appuyer sur la poignée », « les interrupteurs permettent d’allumer et d’éteindre les lumières », « le frigo marche à l’électricité », et « Henry mange les croquettes qui se trouvent à côté de son bol, sous la pancarte CROQUETTES D’HENRY (avec les grosses flèches) ».

J’ai lancé la bouilloire pour la soupe crevettes-champignons noirs extra-glutamate et, après avoir effectué une petite chorégraphie de ma composition (« C’est ma soirée – ce soir ! J’prends un bain et j’mets mon – peignoir! »), je me suis assise sur les Super Beaux Meubles © de Kinky chinés aux puces de Milan, un verre de vin à la main.

La vie était belle. J’étais dans le Kinkdom, un Henry repu et ronronnant à mes pieds.

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J’aurais dû savoir que ça n’allait pas durer.

Lecteur, sache une chose sur moi : la Wonder est curieuse. Et bibliophile. Et cinéphile. La Kinky a des étagères pleines de bouquins et de DVD, j’ai donc entrepris un viol organisé.

« Oh ça !! et ça !!! j’ai pas lu ! et ce DVD, ‘I was like, whatevers’ : une analyse kantienne de la moralité des cheerleaders en Californie du sud. WANT!!! »

La pile monte, monte, le dernier DVD m’arrive au nez ; très bien, je stabilise avec la narine gauche, et je me retourne en grande équilibriste pour me poser sur le canap et commencer à dévorer tout ça.

Et soudain, c’est le drame.

« MRAAAAOUH !!!! »

Une bombe à poils blancs déboule entre mes mollets, je flanche, vacille, et pof ! La pile de DVD tombe sur mon verre de rouge, qui inonde le canapé et la moquette. Blanche.

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Evidemment, Henry ne bronche pas, me regarde d’un air indigné, et va se lécher les couilles dans le coin pendant que je m’affole pour absorber tout le vin avec trois rouleaux de papier absorbant.

Puis me vient une idée géniale (oui, je sais, encore une, mais c’est pas ma faute si mes idées sont géniales) : je me souviens que dans C’est du Propre, un jour, on m’a appris qu’il fallait mettre du sel sur les taches de vin bicoze le sel, ben ça absorbe tout.

Je me rue dans la cuisine à la recherche du stock de Kinky.

Et là je me suis rendu compte qu’elle fait tellement souvent la cuisine qu’elle a même pas de sel chez elle, la Kinky.

J’allais donc rencontrer ses voisins.

f_te_des_voisinsJ’époussète ma jupe pleine de poils, me recoiffe un tantinet (ben oui, c’est pas parce qu’y a panique à bord que la Wonder perd ses réflexes), et je sors.

Je suis droitière, donc je sonne à la porte de droite. Une dame d’un certain âge m’ouvre en laissant la chaîne.

« C’est les pompiers ? J’ai déjà donné !!!

–  Euh, non, madame, je suis pas pompier, je suis une amie de votre voisine, et je…

–  Ma voisine ? La petite jeunette qui ramène un garçon différent toutes les semaines ?

(Elle fait une pause et me regarde d’un air mauvais par l’entre-bâillement de la porte)

 – C’EST UNE PUTE ! »

VLAN ! Elle claque la porte.

Bouche bée sur le palier je suis.

Stratégiquement, j’évite d’hurler T’INSULTE PAS MA CO-BLOG COMME CA, VIEILLE MORUE, histoire de conserver toutes mes chances auprès des prochains candidats à l’empruntage de sel qui n’ont sûrement pas une porte insonorisée, mais je lance quand même pour la forme un sort à la douairière impliquant démangeaisons, ongles courts et bras de 10 cm.

Pour ponctuer le sort,  je crache sur son paillasson.

J’essaie alors à gauche :

Ouverture sur salon plein de cartons, et là ralenti : la main qui tient la poignée appartient à un charmant jeune homme d’1m85 en marcel blanc et en jean, mhmm, ce qu’il faut de moulant.

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« Oui, bonjour, euh, c’est-à-dire, hihi, je suis une amie de votre voisine, là (se retourne, montre la porte du Kinkdom du doigt, comme s’il fallait vraiment expliquer à grand renfort de gestes ce que voulait dire l’expression mystérieuse « votre voisine ») et je garde son chat pendant qu’elle est en voyage, et euh, est-ce que vous auriez du sel ? »

Le gentil garçon sourit (je sais pas s’il est gentil, mais il a l’air physiquement intelligent, ce qui me prédispose à lui donner le bénéfice du doute), disparaît derrière les cartons et revient avec une salière qui donnerait à Zac l’impression d’être Rocco Siffredi.

«Euh… C’est-à-dire, ça va être trop peu, parce que c’est pas vraiment pour saler un plat, hein, c’est-à-dire (VOIX INTERIEURE : oh putain, Wonder, ça fait 3 fois que tu dis « c’est-à-dire », et là tu as les genoux rentrés et tu enroules une mèche de cheveux autour de ton index, ARRÊTE LE TRIP LOLITA TOUT DE SUITE, bordel !) il y a eu un accident, voyez-vous,

(Regard inquiet.)

– Non mais pas un truc grave avec du sang, un truc maladroit et ridicule avec du vin rouge.

– Ah ! Je vois. »

Il re-disparaît derrière les cartons et il revient cette fois avec le barril familial de sel blanc fin La Baleine spécial Jeux Olympiques de tension artérielle.

C’est à ce moment-là que dans le hall retentit un nouveau

« MRAAAAOUH !!!! »

Henry venait de débouler sur le palier, et le temps que je percute que dans la précipitation j’avais laissé la porte ouverte, il était déjà au moins 4 étages en dessous.

« Bordel de merde ! » m’écriai-je, investie du Kinky-lyrisme.

Et je m’élançai à la poursuite de l’animal, non sans demander gentiment au charmant monsieur de déverser le contenu du barril de sel sur le tapis pendant que je m’absentais.

Je dévale les escaliers quatre à quatre en hurlant « HENRYYYY !!!!! HENRY !!!!!!!! CHA-CHAAAAAAT !!!!! », manque de me prendre les talons dans le tapis à fleurs de lys de 4 cm d’épaisseur, rencontre Monsieur et Madame Du Troisième (ralentissement, sourire Ultra-brite – « M’sieur-dame 😀 »), hop ça repart, j’arrive enfin au second, où Henry est occupé à se gratter le dos sur le paillasson des De Deuchoz Lunès en se moquant des vicissitudes de l’existence d’autres êtres vivants avec un tapis imbibé de Gevrey-Chambertin 2005.

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Je le ramasse, le serre contre mon sein, consciente que par la même occasion je déleste sur mon top noir un quintal de poils blancs, et remonte, en faisant gaffe au tapis-fleurs-de-lys avec les talons, parce que là, j’ai un animal-de-compagnie-obèse-d’une-cops à bord, qu’il s’agit de rendre en état de marche à sa maîtresse quand elle aura fini de tringler Roustons.

J’arrive au 35e étage en pleine forme, et dépose le chatounet dans l’appart, avant d’ôter mon top désormais blanc en fourrure et de me mettre en quête des brosses adhésives anti-poils mentionnées à l’article 26 du Kinky-mode-d’emploi-du-palace.

« Ahem. »

J’avais oublié le mec et son barril de sel. Oups.

Me voilà donc en parure Victoria’s Secret dans le salon, face au jeune homme.

« Euh…  Oui ! Alors (air très concentré), dans C’est du Propre, ils disaient ‘verser du sel sur les taches puis frotter’. Il reste plus qu’à frotter. »

Lui, dans un esprit d’à propos : « Pour frotter, faut se mettre à quatre pattes ? *wink wink* »

Moi, inspirée par la Kinkatmosphère : «  C’est un peu sommaire mais… ça peut être efficace. »

******************VOILE PUDIQUE*******************


Morale de l’histoire :

when_you_think

 Faute d’aquarelle, une levrette avec le voisin fera l’affaire.

Your Wonderness

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Allo, Wonder? Ici la Terre

moon_lady_May_16_pin_upCher Lecteur,

Parfois, il arrive à la Wonder d’être à l’ouest.

Non, ça veut pas dire que je prends le TGV pour Quimper.

Ca veut juste dire que, parfois, mes neurones – de coutume plutôt vivaces et incisifs dans leur traitement de l’information – font grève. Surtout pour des trucs pratiques. Ces trucs pas très exigeants intellectuellement, mais dont dépend la survie de l’espèce, comme s’orienter, noter un numéro, ne pas laisser passer un délai, appeler pour remercier la dame.

En somme, c’est un Ouest métaphorique, plus proche de Mars que de Plougastel.

Et ça donne parfois lieu à des situations cocasses.


Exemple numéro 1: Circonstances aggravantes (la mononucléose)


screaming_beatles_fans_1_Quand j’avais quinze ans, j’étais une chenille. Intello binoclarde première de la classe, qui aurait cru que je devinsse Wonder, that sexy thing ? Bon, j’étais quand même assez rock and roll pour porter des docs et des t-shirts Metallica et pour aller concert de Therapy? (oui, le point d’interrogation FAIT PARTIE du nom du groupe, c’est une marque de typographie rock, comme le tréma pour le heavy metal, cf. Mortalh Dekömpözishön). Ecrasée contre la scène, au premier rang, j’ai bu l’eau des bouteilles en plastique que faisaient passer aux fans en sueur les mecs de la sécurité.

Et j’ai chopé la mono.

Commentaire dans la cours du lycée : « Koâ ? Wonder a la mono ? Hahaha, c’est pas possible, je vois pas qui pourrait vouloir l’embrasser ».

Ouais, depuis, je me suis largement vengée.

(Ca y est, vous comprenez par quel travers psychologique j’en suis venue à tringler des -13 ?)

Enfin. La définition de quelqu’un qui a la mono, c’est qu’il ne sert à rien. Un peu comme un couteau suisse sans le manche. Il est crevé au plus haut point, il perd tous ses réflexes.

Je n’ai pas fait exception.

Aussi, quand, un jour, au beau milieu de la maladie du baiser (grrr) j’ai voulu savoir l’heure, je me suis vaguement souvenue que l’information me serait donnée par ma montre.

Sauf que je l’ai pas regardée.

Je l’ai reniflée.

senior_moment_woman

Exemple numéro 2 : C’est la te-hon (le numéro de téléphone).

Un jour, Wonder donne rendez-vous à une copine d’une copine pour voir un concert.

Avant de partir, prévenante, Wonder relit les messages échangés sur facebook et note le numéro de la copine (pas l’ancienne, qui est en mémoire depuis 3 ans, mais la nouvelle – vous suivez ?) dans son portable. Arrivée au point de rendez-vous, Wonder envoie un sms :

« J’y suis. »

Réponse immédiate :

« J’y suis ».

Ah, me dis-je, nos messages se sont croisés !

« T’es où ? »

Réponse tout aussi immédiate :

« T’es où ? »

Décidément, me dis-je.

« Devant le McDo »

Réponse express :

« Devant le McDo ».

Eberluée, je regarde à droite, à gauche – no copine. Je relis le sms, incrédule.

Je fixe l’écran de mon portable. Et c’est là que, lecteur, mes neurones sortent de leur torpeur.

Je vérifie le numéro de ladite nouvelle copine dans mon répertoire.

C’était le mien.

J’avais réussi à enregistrer mon propre numéro sous son nom sans percuter que je ne recopiais pas le bon 06 donné dans la conversation facebook.

Ca faisait donc 10 minutes que je m’envoyais des sms à moi-même.

Oui, je sais, ce n’est pas donné à tout le monde.

Exemple numéro 3 : Un samedi soir comme on n’en fait plus depuis 1985


little_miss_scatterbrainUn samedi soir lambda, je suis invitée par un couple de copains pour passer une soirée fort sympathique chez eux, à l’autre bout de Paris. Après un bus et deux métros, j’arrive enfin Place Biiiiiiiiip, j’émerge à l’air libre, pour le coup chargé d’humidité, et, frappés par cette fraîcheur soudaine, mes neurones se bougent les synapses.

J’ai oublié le post-it avec les codes des diverses portes menant à la sauterie et le numéro de portable des copains.

Qu’importe, me dis-je – je me souviens du numéro de l’immeuble, j’ai qu’à les appeler quand je suis en bas.

J’arrive donc devant la porte cochère, et je sors mon portable.

Enfin, je cherche mon portable. Dans mon sac. Dans ma poche. Dans des poches de mon manteau dont j’avais oublié l’existence (oh tiens ! une chupa chup cerise ! et… un billet de 50 francs ?!?).

No portable.

C’est la fête.

1270_la_fievre_du_samedi_soir_saturday_night_fever__ap_travolta_snf_071211_sshJe décide d’attendre devant la porte, en me disant qu’avec un peu de chance, un gentil voisin me laissera entrer, et qu’après il y aura un interphone, tout ça.

J’attends. Les gens passent, mais ils vont vers le métro, ou vers des soirées pour lesquelles ils ont un post-it avec les codes et les numéros de portable.

J’imagine tout le monde dans l’appart du 3e (ou du 4? misère, ça aussi c’était sur le post-it… eh meeeeerde), manger des tranches de cake olives-jambon, groover sous la boule à facettes et demander – « Et Wonder, elle devait pas venir ? Keskelfou ? ». Pendant ce temps, je désespère en bas de l’immeuble et je commence à sentir des gouttes.

Soudain mes neurones me soufflent une idée.

Ils sont pas trop en odeur de sainteté, rapport à l’oubli du post-it et du téléphone, mais je commence à avoir faim, et j’ai la frange qui frise avec l’humidité, alors je m’exécute.

Je rebrousse donc chemin jusqu’au métro, parce qu’avec mon sens de l’observation hyper-développé (on se rattrape comme on peut) j’ai aperçu dans la périphérie immédiate ces vestiges du vingtième siècle en général sentant la vinasse : des cabines téléphoniques.

Ne laissons pas passer une opportunité d’apprendre :

*Illustration à visée pédagogique pour ceux qui n’ont jamais vu les machins en question*

cabine_telephonique

Voilà. Ouf, non?

Ne me demandez pas comment on faisait pour prendre des photos ou envoyer des MMS avec ça.

Je crois que la dernière fois que j’en avais utilisée une, c’était pour téléphoner au club Mickey dans le dos de mes parents, parce qu’ils trouvaient que 4 francs la minute pour parler avec Pluto, c’était abusé.

Je sors ma carte de crédit – oui, parce que maintenant, les cabines ne prennent plus de pièces (c’est dommage, j’aurais bien kiffé mettre mes pièces de 50 centimes l’une après l’autre, ç’aurait été tellement vintage) – et je marque une pause gestuelle et cérébrale.

Quel numéro composer ?

Raisonnement rapide : les informations dont j’ai besoin se trouvent dans ma boîte mail. Pour accéder à ma boîte mail, il faut taper mon mot de passe dans Yahoo. Il faut donc que je téléphone à quelqu’un de confiance, dont je connais le numéro par cœur, et qui sera chez lui ou elle un samedi soir.

Je m’apprête donc à taper le numéro de ma mère.

call_mom

Parfaitement.

*Pour des raisons diplomatico-familliales et culpabilo-judéo-chrétiennes, je précise que le personnage maternel ci-dessous est très librement inspiré de ma real-life génitrice, à qui je dois la vie, mon éducation, mes jambes et la recette de la quiche au saumon.*


mom_phone_call3– Allô ?

– Maman, coucou, c’est moi…

– Wondie chérie !!!! Ah, ben, enfin, tu téléphones à ta mère, j’allais appeler les pompiers pour voir si ton cadavre n’était pas en train de se faire dévorer par un chinchilla dans ton appartement.

– (Ah, merdeeeeuh, je me disais bien) Euh oui, euh, c’est-à-dire que tu comprends là j’ai été débordée, avec le boulot, les 3J des Galeries, la Saint-Patrick, tout ça, et…

– Oui et j’allais regarder la soirée théma sur Arte, y a un reportage sur le nucléaire, et un film sur Hiroshima, et d’ailleurs j’ai lu dans le Monde et Télérama que le réalisateur a écrit un essai sur l’esthétique du nuage, c’est passionnant, tu devrais le lire, et puis ils disaient justement sur France Culture ce matin que les nuages dans la poésie médiévale japonaise de l’ère…

– Euh, Maman, je suis désolée, je…

– Et voilà ! A chaque fois que je te dis de lire quelque chose, tu dis non !

– Non, mais c’est parce que là je te téléphone d’une cabine, et…

– Hein ?!?

(Quand même ta mère bloque sur le fait tu en sois réduite à lui téléphoner d’une cabine avec ta carte bleue un samedi soir, tu sais que tu as vraiment touché le fond.)

S’ensuit un résumé de la situation et la formulation de ma requête.

– Donc il faut que tu retrouves le message avec les codes dans ma boîte mail.

– Mais comment je fais ça ??

Et là, évidemment, je me rends compte du défaut majeur de mon plan : j’ai appris à ma mère les rudiments de l’envoi de messages il y  a un an en lui installant sa TrucBox, mais elle tape toujours avec l’index, et elle a encore du mal à accepter l’idée que ses mails puissent se trouver à la fois sur son ordi de chez elle et sur celui de son bureau en même temps.

 lets_pretend_tim_etchells_neon_sml– Bon alors, c’est pas sorcier, tu es sur Yahoo ?

 –   Oui.

 – Tu te déconnectes de ton compte. Tu vois en haut à gauche ? Déconnexion ? Tu cliques dessus.

   – (Ma mère, très fière 🙂 Ca y est !

 – Bien, maintenant tu te relogges et tu mets comme identifiant « wondiemail » en un seul mot et après je te dicte mon mot de passe.

    – Mais attends, « wondiemail » on me dit « mot de passe erroné » !

 – Maman, c’est parce que tu t’es pas entièrement déconnectée. Il faut cliquer sur « se connecter sur un autre compte ».

–  Ah ! Ben tu m’expliques rien ! Comment tu veux que je devine ?

(Ne pas répondre, penser au cake au jambon et au Pouilly.)

– OK, pardon. Bon, tu y es ?

– Oui.

– Alors, mon mot de passe, c’est « Gjq27?rt3685!! ».

– Hein ?? Tu pouvais pas faire plus compliqué ??

– Ben Maman, si tu veux pas qu’on te pirate ton compte, faut utiliser des chiffres et des signes de ponctuation.

– Mais alors pourquoi mon mot de passe c’est « mot de passe » ?

– Ah oui euh… Ben quand je l’ai choisi pour toi, je me suis dit que ce serait plus facile à se rappeler, puis c’est pas comme si t’avais des secrets défense sur ton compte non plus…

2288409278_24d56e244c– Ca veut dire que tu penses que je suis débile et que je ne sais pas régler mes factures Cofinoga sur internet ?

– Mais non, c’est pas ce que je voulais dire, mais là bon Maman, c’est pas le moment (3,56 euros) ! Donc bon, tape mon mot de passe, je vais répéter lentement : G majuscule, j minuscule, q minuscule, vingt-sept, point d’interrogation, r minuscule, t minuscule…

– Il est où le t ?

– En haut au milieu du clavier, Maman.

– (très fière) Trouvé !

– Donc après le t, trente-six, quatre-vingt-cinq, point d’exclamation, point d’exclamation. Et tu cliques sur OK.

– Attends… voilà.

– Ca y est ? Ca marche ??

– Ben oui. T’as l’air surprise. Tu pensais que j’y arriverais pas ? Je suis pas si débile que ça.

– (Essaie de camoufler ton exaspéré et panique montante) Mais non, Maman, je pense pas que t’es débile, sinon je t’aurais pas téléphoné. (Cake aux olives, Pouilly – Pouilly, cake aux olives). Bon (regard sur le cadran du téléphone : 4,85 euros), maintenant tu tapes « Adeline » dans le cadre blanc au-dessus de « Boîte de réception » – celui où il y a marqué « recherche mail »…

– Ca y est ! Alors, ça me donne : « Adeline Halliday, la sex tape », « Adeline, médium ultra-lucide »…

– Mais attends, c’est des résultats Yahoo ça !! T’es pas dans YahooMail !!

– Ben je suis dans Yahoo, oui ! Tu m’as jamais dit d’aller dans YahooMail !!

– Mais c’est pas évident ?? Je t’ai dit qu’on cherchait des codes dans un MAIL. Un MAIL ! Pas sur internet !!

– (siffle) Ouhlaaaaa Wondie, tu arrêtes ça tout de suite, hein. J’aime pas ton ton. D’abord là je te rends service, j’ai besoin de rien moi, et si ça continue je retourne à la soirée théma et tu te débrouilles avec ton Adeline et ta soirée, hein.

– (Contrite) Non mais je voulais pas m’énerver, pardon Maman (5,37 euros). Donc tu cliques sur Yahoo Mail.

– Oui.

– Et là tu dois voir ma boîte de réception. Est-ce que quelque part sur l’écran tu vois « Boîte de réception » ?

(A ce moment-là, je suis pleine d’empathie pour tous les employés de hotline SOS internet du monde)

standardiste–  Oui.

– Bon, donc tu vois la case « recherche mail » au-dessus de boîte de réception ?

– Oui.

– Tu tapes Adeline, et dans les résultats, tu cherches le mail intitulé « Samedi soir ».

– Alors,  je lis « RE : RE : RE : RE : Samedi soir, Salut Wondie, ça nous fera méga plaisir de te voir, et d’ailleurs j’ai trop ri en lisant ton dernier post,  celui intitulé Mon Royaume… »

– NON !!!! STOP !!!!! C’est pas le bon (oh putain je me souviens plus si Adeline a écrit le titre en entier, si ma mère apprend que je parle de cunni sur mon blog, elle qui croit que c’est un blog sur le développement durable), regarde le PREMIER mail, pas « RE :RE », hein, juste Samedi soir.

– Attends….

(6,17 euros)

phone_crazy– « Nous vous convions dans notre modeste…

– Oui non mais Maman ce que je veux c’est les codes et le numéro d’Adeline, c’est tout.

– « …amenez de quoi boire, il y aura du cake aux olives… »

– MAMAN JE VEUX LE CODE, LA CONVERSATION EST EN TRAIN DE ME COUTER UN REIN.

– Hé ho, tu parles pas à ta mère comme ça ! Déjà que ton père considérait que je ne comprenais rien à rien, tu sais que les ordi c’est pas mon truc, tu pourrais quand même être patiente, déjà que je loupe le documentaire sur Hiroshima pour toi parce que tu n’es pas capable de penser à prendre ton portable…

– (je n’ai aucun honneur) Maman, je t’aime.

–  …

– (Ma mère aime quand je suis honnête, donc je dis:) Maman, j’ai faim.

– …Bon, ok, alors, « Code 1 », je lis : 394

– 394

– A majuscule,

– ?!? Mais Maman, c’est un digicode ! Je vais pas le taper en minuscules !!!

– ?

– Non rien, rien, continue.

– 394 A majuscule, et pour le deuxième, B majuscule 824.

– Merci Maman.

– Mais franchement, Wonder, ma fille, tu devrais penser à prendre les codes avant de partir chez tes amis, et puis je t’avais dit qu’il fallait que tu m’expliques mieux comment utiliser ma boîte mail. Et d’ailleurs, COMMENT JE FAIS POUR REMETTRE MON COMPTE ?? »

telephone_1

Trois euros cinquante-cinq plus tard, je raccrochais sans avoir été déshéritée, et je regagnais le 3e d’Adeline, où m’attendait, je vous rassure, au moins un tiers du cake jambon-olives.

Histoire de rentabiliser le coup de fil, je suis partie à 3h du mat, fin bourrée.

La morale de l’histoire ? Y en a pas, de toute façon je peux pas penser à me souvenir, ça impliquerait de me souvenir de me rappeler, et j’ai pas que ça à faire.

Et puis j’ai passé l’âge où on se promet de ne plus faire d’erreurs. Ca fait un bail que j’ai compris qu’il valait mieux les transformer en histoires.

 Your Wonderness

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